Et de deux pour le Festival international du film archéologique et patrimonial de Rabat (FIFAP). Le festival revient du 9 au 13 juin 2026 avec une programmation ambitieuse. En l’espace d’une année, cette manifestation s’est imposée comme un rendez-vous incontournable où se rencontrent chercheurs, cinéastes et passionnés de patrimoine, réunis par une même ambition: faire dialoguer l’histoire, l’archéologie et le cinéma afin de donner aux civilisations du passé une résonance contemporaine.
Cette nouvelle édition propose 22 films, dont 17 longs métrages et 5 courts, projetés au Cinéma Renaissance et dans divers lieux de la capitale. Le festival s’ouvrira avec «Amérique, la nouvelle histoire des premiers hommes», documentaire qui revisite l’arrivée des premiers humains sur le continent américain il y a 30.000 ans.
Parmi les avant-premières attendues, «Le Château perdu d’Azuchi» de Marc Jampolsky propose une enquête sur le château d’Oda Nobunaga au Japon, tandis que «La cité oubliée de la dynastie Ming» de Stéphane Bégoin est consacrée à la construction et à l’abandon de la ville Ming Zhongdu en Chine.
Le programme inclut également «Athènes, aux origines de la démocratie» et «Momies d’Égypte, en quête d’immortalité», qui explorent respectivement les fondements politiques de l’Occident et les pratiques funéraires de l’Égypte ancienne.
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Le volet académique du FIFAP 2026 sera porté par trois grandes conférences ouvertes au public, animées par des spécialistes de premier plan. Djillali Hadjouis, paléontologue et paléoanthropologue, président de la commission «Méthodes et Théorie archéologiques» de l’Union internationale des sciences préhistoriques et protohistoriques (UISPP), interviendra sur le thème «La charnière cranio-rachidienne chez le Néandertalien et l’Homme moderne. Entre forme du crâne et posture verticale». Youssef Bokbot, archéologue et professeur à l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine, présentera une conférence intitulée «Les récentes découvertes archéologiques exceptionnelles au Maroc et leur contribution à la réécriture de l’histoire de l’Afrique du Nord et du Sahara». Le public pourra également assister à l’intervention de Driss Ouarhache, géologue, paléoanthropologue et professeur à l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès, consacrée à la «Découverte d’un Ankylosaure à armure étrange dans le Jurassique moyen de la région de Boulmane».
Le jury sera présidé par l’islamologue et écrivain Rachid Benzine. À ses côtés siégeront l’actrice Amal Ayouch, l’écrivain Fouad Laroui et le cinéaste Hakim Belabbes, ainsi que des chercheurs et spécialistes du patrimoine. Leur mission sera de départager les films en compétition et de mettre en valeur les œuvres qui allient rigueur scientifique et force artistique.
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La cérémonie d’ouverture sera marquée par deux hommages posthumes rendus à des figures majeures du patrimoine national. Le festival saluera la mémoire de Joudia Hassar Benslimane, pionnière de l’archéologie marocaine et ancienne directrice de l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine, dont les travaux ont profondément structuré la recherche archéologique au Maroc.
Le second hommage sera dédié à Abderrahmane Chorfi, éminent chercheur, universitaire et figure incontournable de la scène artistique et culturelle marocaine, qui a grandement œuvré pour la transmission de l’histoire de l’art et la valorisation du patrimoine. Ces hommages inscrivent le FIFAP dans une démarche essentielle de reconnaissance et de mémoire collective.

Le FIFAP 2026 bénéficie du soutien de plusieurs institutions majeures: le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, la wilaya de Rabat, le Centre cinématographique marocain, les Archives du Maroc et l’Institut français du Maroc. Leur engagement confirme la volonté de faire du festival un événement de portée nationale et internationale, ancré dans la valorisation du patrimoine et la diplomatie culturelle.
Khadija Benlamine, présidente du festival de Rabat, et Tahar Benredjeb, président du festival archéologique d’Amiens fondé en 1990, rappellent que le FIFAP est né d’une volonté de mettre en dialogue les cultures et les savoirs à travers l’image. Ils insistent sur le rôle du cinéma archéologique et patrimonial comme outil de mémoire et de transmission, capable de relier les générations et de donner sens aux découvertes scientifiques. Leur message souligne la dimension universelle du patrimoine, qui dépasse les frontières pour raconter l’histoire commune de l’humanité. Rabat et Amiens affirment ainsi une ambition partagée: faire du film archéologique un langage accessible, à la fois scientifique et poétique.
Avec son thème «Hommes, cultures, territoires», le FIFAP 2026 confirme l’élan donné par l’édition précédente. Rabat s’affirme désormais comme une capitale du cinéma patrimonial, offrant au public une immersion dans les récits enfouis de l’histoire et une réflexion essentielle sur la place du patrimoine dans nos sociétés contemporaines.




