Fnaïre sous le feu des critiques après la sortie de «Marrokia»: le groupe dément l’implication de Sami Znati

فرقة فناير

Le groupe Fnaïre.

Dans une mise au point adressée à son public, Fnaïre revient sur la polémique entourant son titre «Marrokia», présenté comme une célébration de l’identité et de la culture marocaines. Le groupe marrakchi dément toute participation de l’Algérien Sami Znati à l’écriture des paroles et précise que son intervention s’est limitée aux arrangements musicaux.

Le 25/08/2026 à 15h49

Le groupe «Fnaïre» a suscité une vive vague de colère et une grosse polémique sur les réseaux sociaux après l’annonce de son dernier morceau intitulé «Marrokia». L’œuvre a fait face à un rejet populaire catégorique et à une ferme dénonciation de la part des internautes, qui y voient une atteinte explicite à la dignité de la femme marocaine et l’utilisation d’un terme péjoratif portant atteinte à son statut et à sa symbolique.

La critique a atteint son apogée dès la diffusion du titre sur les plateformes musicales. Des milliers d’utilisateurs ont estimé que le nom de la chanson et le terme central sur lequel repose le texte consacrent une expression jugée méprisante, longtemps utilisée dans le cadre de joutes numériques et de campagnes ciblant les Marocaines.

De nombreux observateurs se sont étonnés de voir un groupe bénéficiant d’une large audience promouvoir un terme qui, selon eux, heurte la sensibilité collective et va à l’encontre de la place accordée aux femmes dans la société marocaine.

Au fil de l’histoire, l’image de la femme dans la culture marocaine s’est ancrée à travers des termes de respect et de considération, au premier rang desquels figure le titre «Lalla», symbole de souveraineté, de dignité et de prestige. C’est pourquoi une grande partie du public a considéré l’usage du terme «Marrokia» comme un dérapage irréfléchi et une tentative gratuite d’attirer l’attention aux dépens de l’identité et du bon goût.

L’indignation s’est amplifiée à l’annonce de la collaboration de l’Algérien Sami Zenati, suscitant de vives interrogations auprès du public et dans les milieux artistiques. Or contrairement à ce qui a circulé, et comme l’a précisé Fnaïre dans un communiqué diffusé sur ses réseaux sociaux, Sami Zenati n’a participé ni à l’écriture des paroles ni au choix du titre, son intervention s’étant limitée aux arrangements musicaux.

«Un lien a été établi entre le titre de la chanson et l’arrangeur musical Sami Znati. Or la vérité est que Sami n’a participé ni à l’écriture des paroles ni au choix du titre», précise Fnaïre dans un communiqué diffusé dans la soirée du lundi 24 août, alors que la polémique battait son plein.

Selon plusieurs publications concordantes, le paradoxe choquant réside dans le fait qu’un groupe musical marocain adopte un terme fréquemment employé par des comptes algériens pour porter atteinte à la dignité des femmes marocaines, afin de le réintroduire aujourd’hui sous une forme festive sur la scène artistique nationale.

Des internautes ont qualifié cette démarche de faute artistique et morale injustifiable, tandis que d’autres ont pointé ce qu’ils considèrent comme un manque de discernement en formulant une question en miroir: «Et si un groupe marocain produisait une chanson intitulée “El Kergoulya”, le public et la rue algériens l’auraient-ils accepté?» Selon eux, l’art ne saurait se retrancher derrière la liberté de création pour véhiculer des expressions jugées provocatrices ou blessantes.

La chanson a ainsi suscité un débat plus large sur la responsabilité des artistes, leur conscience des sensibilités culturelles et la portée des mots et des références qu’ils choisissent d’employer.

Des commentateurs ont souligné que le contexte actuel et les guerres symboliques sur les plateformes numériques imposent à l’artiste marocain une grande maturité et une vigilance accrue dans le choix des mots, au lieu de banaliser un vocabulaire de dénigrement.

Cette polémique avait débuté avant même la sortie officielle du morceau. Les commentaires se sont multipliés sur le compte Instagram du groupe lors du partage des coulisses du tournage, mettant en garde «Fnaïre» contre le risque de compromettre son capital artistique en sortant un titre portant cette appellation provocatrice. Le groupe a toutefois totalement ignoré ces avertissements, persistant à défendre un choix qui présageait une vive controverse.

Par Qods Chabâa
Le 25/08/2026 à 15h49