Le Festival international du film de Marrakech a dévoilé la sélection officielle de sa 23ème édition, prévue du 20 au 28 novembre 2026. La programmation rassemble 76 films issus de 39 pays, dont onze productions marocaines réparties entre les différentes sections. Trois œuvres tournées au Maroc complètent cette présence du Royaume.
La compétition officielle réunit quatorze premiers et deuxièmes longs métrages en lice pour l’Étoile d’or, qui sera décernée par un jury présidé par la comédienne Marion Cotillard. Trois seront dévoilés en première mondiale: «Alkebulan», «Waves of Silence» et «Les Chiffonniers du Caire».
Le Maroc sera représenté par «Alkebulan», de Yassine Marco Marroccu, un récit d’aventure entre le Sahara des années 1960 et l’Italie des années 1930. Le cinéaste irano-norvégien Farzad Samsami présentera «Waves of Silence», un drame moral consacré aux naufrages de migrants, tourné au Maroc avec Amine Ennaji. Rani et Salem Massalha signeront, avec «Les Chiffonniers du Caire», un thriller intimiste ancré dans la communauté copte égyptienne.
Des blessures collectives aux trajectoires intimes
Plusieurs œuvres interrogent les séquelles des conflits et les fractures sociales. Dans «Ben’Imana», Marie-Clémentine Dusabejambo explore les blessures du génocide des Tutsi au Rwanda et les défis de la réconciliation. Avec «Chroniques des années de siège», Abdallah Al-Khatib dépeint le quotidien d’habitants confrontés à la guerre, aux pénuries et à des choix impossibles. «Furies», de Rami Kodeih, aborde la crise économique libanaise à travers le braquage imaginé par deux sœurs pour récupérer leur épargne bloquée et financer une opération vitale.
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Les liens familiaux et l’exil nourrissent d’autres récits. «La Maison du vent», d’Auguste Bernard Kouemo Yanghu, brosse le portrait d’une mère camerounaise qui tente de maintenir le contact avec ses enfants expatriés. Dans «Congo Boy», Rafiki Fariala suit un jeune réfugié congolais en République centrafricaine, partagé entre ses responsabilités familiales et ses aspirations musicales.
L’amitié, le désir et les désillusions de la jeunesse
Les trajectoires féminines occupent également une place importante dans la sélection. Avec «Chicas tristes», la Mexicaine Fernanda Tovar met à l’épreuve l’amitié de deux nageuses confrontées à une agression sexuelle. La Sud-Coréenne Yoon Dan-bi s’intéresse, dans «The World Before», aux premiers émois amoureux le temps d’un été. Dans «Marie Madeleine», l’Haïtienne Gessica Généus raconte la rencontre, à Jacmel, entre une femme vivant de la prostitution et un jeune évangéliste, sur fond de désir, de foi et de quête de liberté.
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L’apprentissage du monde traverse aussi «Eklipse», de Manuel Wetscher, qui examine le poids des préjugés dans une communauté rurale autrichienne. «Our Share of Sand», de Shalini Adnani, suit une jeune fille découvrant les injustices sur lesquelles repose la prospérité familiale en Inde. Jacqueline Lentzou propose enfin, avec «A Day in the Life of Jo: Chapter Phaedra», un récit initiatique qui s’affranchit des conventions du réalisme.
De Jesse Eisenberg à Luca Guadagnino, les rendez-vous des séances de gala
La 23ème édition s’ouvrira avec «Mona», la comédie de Jesse Eisenberg dans laquelle Julianne Moore incarne une femme au foyer qui trouve dans le théâtre amateur un nouvel espace d’accomplissement.
Les séances de gala accueilleront notamment deux premières mondiales. «Leila et la nuit», de Fellipe Barbosa, s’inspire de la vie de la photographe franco-marocaine Leila Alaoui, avec Roschdy Zem et Marina Foïs à l’affiche. «His Weakest Creatures», d’Omar Hilal, réunit Ahmed Helmy et Hend Sabry dans un récit mêlant aventure, comédie noire et thriller.
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John Turturro viendra présenter «The Only Living Pickpocket in New York», de Noah Segan, où il interprète un pickpocket vieillissant confronté aux mutations du monde qui l’entoure. Laïla Marrakchi accompagnera «La más dulce», consacré au quotidien des travailleuses saisonnières en Espagne. Le film a été choisi pour représenter le Maroc dans la course à l’Oscar du meilleur film international en 2027.
James Gray présentera pour sa part «Paper Tiger», à la croisée du thriller et du drame familial. Avec «Artificial», Luca Guadagnino s’intéresse aux coulisses d’OpenAI et à la crise de gouvernance qui a secoué l’entreprise en 2023. Andrew Garfield y incarne Sam Altman, son cofondateur.
Horizons: 21 films pour parcourir le cinéma mondial
La section Horizons réunira 21 films, dont plusieurs distingués à Cannes ou à Venise. Elle accueillera notamment les nouvelles œuvres de Ryūsuke Hamaguchi, Cristian Mungiu, Paweł Pawlikowski, Hirokazu Kore-eda et Nanni Moretti.
Les cinémas arabes y seront représentés par «Safe Exit», le thriller psychologique égyptien de Mohammed Hammad, «The Station», la dystopie de Sara Ishaq située au Yémen, et «Citizen Osama», le documentaire d’Ahmed Hassouna consacré à Gaza.
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Tourné au Maroc, «Les Roses de Marrakech», de Ginevra Elkann, réunira Fanny Ardant et Nisrin Erradi autour d’une histoire de solidarité féminine. La sélection comprendra également «Glaxo», «The Burning Giants», «A Bit of Light» et «Look Back», l’adaptation du manga de Tatsuki Fujimoto par Hirokazu Kore-eda.
Les cinématographies africaines seront présentes avec «Dao», d’Alain Gomis, «Clarissa», d’Arie et Chuko Esiri, ainsi que «The Smell of Apples», de John Trengove.
Plusieurs artistes accompagneront leurs films: Andrew Haigh pour «A Long Winter», Gustave Kervern et Suzanne Lindon pour «Voilà, c’est fini», ainsi que Jasmine Trinca pour «Les Cœurs affamés», de Nanni Moretti.
Le 11ème Continent, un espace d’exploration cinématographique
Avec 13 films, le 11ème Continent fera une place aux formes narratives et aux écritures les plus singulières. La section proposera des fictions de Danielle Arbid, Sompot Chidgasornpongse et Radu Jude, ainsi que des documentaires, dont «Edward Said: Between Worlds» et «Bedeau, camp de passage», annoncé en première mondiale.
Des œuvres contemporaines comme «Al Baraneya», «Une disparition» et «Variations on a Theme» côtoieront des classiques restaurés, parmi lesquels «Nahla», de Farouk Beloufa, et «Tilaï», d’Idrissa Ouedraogo.
Le cinéma marocain et le jeune public à l’affiche
Le Panorama du cinéma marocain rassemblera six films, entre fiction et documentaire, dont trois premières mondiales. «Bardi», de Tala Hadid, ouvrira la section, qui accueillera également «Cagoules», de Mohamed Mouftakir. Au total, onze films marocains figureront dans les différentes sections du festival, auxquels s’ajouteront trois productions tournées au Maroc.
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La section Jeune public et familles proposera onze séances destinées aux enfants, aux adolescents et à leurs proches. Jamel Debbouze présentera le film d’animation «La Fille dans les nuages», de Philippe Riche. Mohcine Besri dévoilera en première mondiale «Toutes sauf ma mère», avec notamment Omar Lotfi et Abdellah Didane.
Des projections consacrées aux personnalités auxquelles le festival rendra hommage compléteront cette programmation de 76 films. Cette 23ème édition se déroulera du 20 au 28 novembre 2026, au Palais des congrès, au cinéma Le Colisée et au musée Yves Saint Laurent Marrakech.




