Soumaya Naamane Guessous

Franchement

"Sociologue, universitaire| écrivaine| Soumaya Naamane Guessous offre aussi son expertise en tant que consultante au Maroc et à l’étranger| notamment dans le développement du potentiel humain. Elle examine notre société à la loupe et suit attentivement ses spécificités et son évolution. L’auteure de l’essai «Au-delà de toute pudeur» (Eddif| 1991)| plusieurs fois réédité| est connue pour être une briseuse de tabous."

Achoura: quand le mouton revient battre le tambour
Chez nous, les fêtes ne disparaissent jamais. Elles se succèdent, se répondent et se réinventent. À peine l’Aïd al-Adha a-t-il quitté la scène que son écho ressurgit sous une autre forme: taârija, bendir et tamtam annoncent déjà Achoura.
Les saints au Maroc: la fin progressive d’un monde de croyances
Le Maroc est le pays des saints: musulmans, juifs, marabouts, guérisseurs, personnages pieux ou mystiques. Leur présence a profondément marqué l’histoire religieuse et sociale du pays.
Le sac des femmes: un territoire sacré, souverain, lourd comme une pierre
On reproche aux femmes d’avoir un sac trop lourd. On en rit, on s’en moque on questionne, surtout les maris: «Hazza lahjare fi had sac?» Le sac pèse, tire l’épaule, fait glisser la bretelle, donne l’impression qu’on transporte la vie entière.
Détresse mentale dans l’espace public: à qui incombe la responsabilité?
Sur la ligne 107 reliant Lissasfa à Attacharouk, à Casablanca, une femme en grande détresse psychique monte régulièrement à bord de l’autobus et sème la peur parmi les passagers. Elle multiplie les insultes, adopte des comportements imprévisibles, fait des gestes obscènes et tient parfois un couteau à la main. Certes, il n’est pas tranchant, mais cela reste un couteau.
L’Aïd al-Adha: une fête à cornes et à crédit
Le Maroc sort doucement d’une transe collective entamée bien avant l’Aïd al-Adha. Pendant des semaines, la flambée des prix, la quête du mouton idéal et les préparatifs ont rythmé le quotidien d’un pays entièrement absorbé par cette fête où se mêlent ferveur religieuse, pression sociale, fatigue et convivialité.
Trois religions, un seul Dieu… et tant de sang
Il est tragique de constater que les religions monothéistes, fondées sur la foi en un Dieu unique, miséricordieux et porteur de valeurs de paix, aient si souvent été instrumentalisées pour diviser les peuples, nourrir la haine et justifier la violence.
Et si, pour une fois, tout allait bien?
Aujourd’hui, c’est mon 300e article sur Le360. Permettez-moi alors de prendre un risque inconsidéré. Une audace pour une chroniqueuse: ne pas râler.
Écrire rend-il riche?
On imagine que publier un livre rime avec réussite financière. La réalité est bien différente, faite de sacrifices, de dépenses et d’engagement personnel. Dans un marché restreint comme celui du Maroc, écrire relève avant tout de la passion.
Moi, fille d’un prisonnier politique: écrire pour dire ce qui s’est tu!
A vous qui me lisez, certains depuis la fin des années 80, avec «Au-delà de toute pudeur», ensuite avec mes autres ouvrages, mes chroniques dans plusieurs supports et, depuis cinq ans, à travers mes rendez-vous hebdomadaires dans Le360.
Trump, le Pape et les autres: le paradoxe de la liberté d’expression
Une publication de Donald Trump visant le pape a suscité une vive polémique internationale. Cette affaire relance le débat sur les limites de la liberté d’expression et le respect des symboles religieux. Elle met en lumière les contradictions des réactions selon les contextes, les religions et les figures visées.