Une domestique condamnée à trente ans de prison pour avoir tué son employeur et sectionné son sexe

La Cour d'appel de Rabat.

La justice a confirmé la condamnation à trente ans de réclusion d’une femme de quarante ans, reconnue coupable d’un crime d’une rare violence à Rabat. Après avoir tué son employeur, elle avait sectionné son sexe et l’avait placé sur un téléviseur. Malgré ses déclarations invoquant la légitime défense, les juges ont retenu la préméditation et la barbarie de son acte. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 16/04/2026 à 19h12

Une affaire criminelle d’une brutalité inouïe a défrayé la chronique judiciaire à Rabat. La Chambre criminelle d’appel de la Cour d’appel de la capitale a définitivement entériné, la semaine dernière, la condamnation à trente ans de prison d’une domestique de quarante ans, jugée pour le meurtre particulièrement sordide de son employeur. Les faits, qui remontent à plusieurs mois, avaient choqué l’opinion publique par leur atrocité. «Après avoir tué la victime d’un coup à la tête, l’accusée avait sectionné son sexe avant de le déposer sur un téléviseur, dans un geste macabre», indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du vendredi 17 avril.

Les magistrats ont confirmé la peine prononcée en première instance en octobre dernier, rejetant ainsi les arguments de la défense. L’accusée, maintenue en détention provisoire depuis son arrestation, était poursuivie pour meurtre avec préméditation, profanation de cadavre, actes de barbarie et complicité d’adultère. Malgré ses tentatives pour minimiser la gravité de son acte, les preuves réunies par l’accusation ont convaincu les juges de la nature particulièrement violente et réfléchie de son crime.

Lors des audiences, l’accusée a été soumise à un interrogatoire serré, les magistrats cherchant à comprendre les motivations d’un acte aussi extrême. Elle a persisté dans ses déclarations, affirmant avoir agi en état de légitime défense après une tentative de viol de la part de son employeur, ajoutant qu’elle l’avait frappé à la tête avec un bâton pour se défendre.

Pourtant, les éléments du dossier contredisent en partie sa version. Les enquêteurs ont en effet établi que la victime, un homme de 104 ans en situation de grande vulnérabilité, avait été frappé à plusieurs reprises avec une violence telle qu’elle avait provoqué une hémorragie mortelle. Le geste de sectionner le sexe de la victime, puis de le disposer de manière ostentatoire sur un meuble, laisse peu de place au doute quant à l’intention de l’accusée de punir son employeur, voire de l’humilier post-mortem.

Les faits se sont déroulés dans le quartier Youssoufia, un secteur populaire de Rabat, où la victime résidait seule. Selon les témoignages rapportés par Al Akhbar, la femme travaillait depuis plusieurs mois comme aide à domicile, s’occupant des tâches quotidiennes de l’homme âgé en échange d’un salaire mensuel. Les voisins, interrogés après la découverte du crime, avaient décrit une relation apparemment normale entre les deux protagonistes, bien que certains aient noté des tensions occasionnelles.

Les éléments de la police judiciaire de Rabat ont été alertés par des proches de la victime, inquiets de ne pas avoir de ses nouvelles. Arrivées sur place, ils ont découvert un spectacle horrifiant: le corps sans vie de l’homme gisait dans une mare de sang, tandis que son sexe, sectionné avec une lame, avait été placé en évidence sur un téléviseur. L’enquête a rapidement permis d’identifier la meurtrière, qui avait pris la fuite immédiatement après les faits. Une vaste opération policière avait alors été lancée dans le quartier, aboutissant à son arrestation quelques heures plus tard. Placée en garde à vue, elle avait d’abord nié toute implication avant de reconnaître les faits, tout en tentant de les justifier par une agression sexuelle.

Par La Rédaction
Le 16/04/2026 à 19h12