Tarifs, véhicules, contrôles: ce que prévoit le futur cahier des charges du transport funéraire à Casablanca

Un véhicule de transport funéraire.. DR

La commune de Casablanca s’apprête à adopter un nouveau cahier des charges pour réguler le secteur du transport funéraire. Ce nouveau cadre réglementaire, qui sera examiné lors de la prochaine session du Conseil, définit une grille tarifaire fixe et des normes techniques précises pour l’ensemble des prestataires privés de la métropole. Les détails.

Le 22/04/2026 à 13h47

La ville de Casablanca s’apprête à lancer une vaste opération de restructuration du secteur du transport funéraire. Pour mettre un terme à l’anarchie qui règne dans ce domaine, le Conseil de la ville s’apprête à adopter un nouveau cahier des charges particulièrement strict.

Selon des sources au sein du Conseil, la prochaine session actera ce nouveau cadre réglementaire. L’idée centrale est de fixer des tarifs plafonds pour chaque type d’intervention, garantissant une tarification prévisible et harmonisée pour l’ensemble de la métropole.

Ainsi, le transfert d’un corps du domicile ou d’un hôpital vers le cimetière est désormais fixé à 500 dirhams. Dans le cas où le trajet comporte plusieurs étapes, comme un arrêt à la morgue ou à la mosquée pour la prière funéraire, le prix est limité à 800 dirhams.

Pour les trajets effectués en dehors du périmètre urbain, la commune a instauré une tarification kilométrique dégressive. Pour une distance inférieure à 100 kilomètres, le tarif est de 9 dirhams le kilomètre. Ce montant descend à 8 dirhams pour les trajets entre 100 et 200 kilomètres et tombe à 7 dirhams pour les distances de plus de 200 kilomètres. Les entreprises auront pour obligation d’afficher ces tarifs de manière apparente à l’intérieur de leurs bureaux et dans leurs véhicules, avec l’obligation de délivrer une facture en bonne et due forme aux familles des défunts.

Nature de la prestationTarif (DH)
1Du domicile vers le cimetière500
2De la mosquée vers le cimetière500
3Trajet domicile – mosquée – cimetière700
4De l’hôpital vers le cimetière500
5Trajet hôpital – domicile – mosquée – cimetière800
6Trajet morgue – domicile – mosquée – cimetière800
7Trajet morgue – mosquée – cimetière800
8Tarif kilométrique aller-retour (moins de 100 km)9,00
9Tarif kilométrique aller-retour (entre 100 et 200 km)8,00
10Tarif kilométrique aller-retour (plus de 200 km)7,00

Outre le transport, la ville encadre désormais le prix des fournitures indispensables. Les opérateurs ont l’obligation d’afficher ces tarifs de manière visible et de remettre systématiquement une facture officielle aux familles.

Nature de l’équipement ou du servicePrix (DH)
11Cercueil pour adulte en bois standard800
12Cercueil pour enfant en bois standard400
13Cercueil en zinc et bois (adulte)1400
14Cercueil en zinc et bois (enfant)800
15Dispositif de filtrage600
16Fournitures de préparation (Linceul et produits)300

Sur le plan technique et logistique, le nombre d’opérateurs sera limité à un maximum de 20 bénéficiaires. Chaque prestataire devra justifier d’un parc automobile composé d’au moins quatre véhicules dont l’âge ne dépasse pas cinq ans.

Ces véhicules devront obligatoirement être climatisés et dotés de parois internes lavables et désinfectables. Une distinction visuelle sera également opérée: les corbillards destinés aux musulmans seront blancs avec des écritures vertes, tandis que ceux destinés aux non-musulmans seront de couleur noire.

Le contrôle sera au cœur de ce nouveau dispositif. Une commission mixte, composée notamment de représentants de la sûreté nationale et des services d’hygiène, effectuera des inspections tous les six mois pour vérifier l’état du matériel et le respect des clauses du contrat.

Les entreprises devront assurer un service de garde 24h/24 et 7j/7 et leur personnel devra porter une tenue professionnelle unifiée tout en se soumettant à des contrôles médicaux réguliers. En cas d’infraction, notamment sur les prix, des amendes de 2.000 dirhams sont prévues, pouvant aller jusqu’à la résiliation pure et simple de l’autorisation d’exploiter en cas de récidive ou de manquement grave.

S’appuyant sur la loi organique 113.14, ce nouveau cadre juridique, établi pour une durée de 10 ans, fait office de charte éthique destinée à préserver la dignité des défunts et à protéger les droits de leurs familles. Il permet ainsi de structurer le secteur, en passant d’une gestion informelle à une organisation institutionnelle rigoureuse.

Par Miloud Shelh
Le 22/04/2026 à 13h47