À Rabat, le tribunal des crimes économiques et financiers planche actuellement sur l’affaire d’une responsable au sein d’une agence bancaire, déférée par le parquet général après qu’une enquête de la police judiciaire l’a accablée de graves soupçons de détournement d’une grosse somme d’argent au niveau de l’agence bancaire où elle travaille en tant que cadre.
Dans son édition du mercredi 22 avril, le quotidien Al Akhbar explique que l’accusée est derrière un vaste «scandale de falsification et de détournement d’importantes sommes d’argent à partir des comptes des clients de l’agence bancaire». Cette affaire, qui porterait sur un montant de 3,6 millions de dirhams au minimum, a éclaté il y a quelques semaines au niveau du quartier El Manzeh à Rabat, dans l’agence bancaire sise près de la Kissariat «El Manal ». C’est un rapport interne remis par des enquêteurs d’une commission centrale, constituée suite à des plaintes répétitives de clients de la banque ayant remarqué des mouvements frauduleux sur leurs comptes, qui a mis à nu ce scandale financier.
Sur la base d’une enquête préliminaire menée par la police judiciaire, qui a entendu l’accusée en état d’arrestation, le procureur général du Roi près la Cour d’appel de Rabat a transmis son dossier au juge d’instruction. Ce dernier a placé la native de 1982 en détention provisoire à la prison d’El Arjat et l’a poursuivie sur la base de graves accusations, dont le détournement d’argent public, la falsification de documents officiels et la manipulation à des fins frauduleuses de systèmes informatiques de la banque où elle officie.
Selon Al Akhbar, l’accusée a été arrêtée à l’aéroport Mohammed V de Casablanca après son retour d’un voyage en Turquie. Un voyage précipité qu’elle a effectué dès que les premiers murmures sur ses pratiques frauduleuses ont commencé à circuler intra-muros. Ce voyage a été en réalité une tentative de fuite à l’étranger, surtout que l’enquête menée en interne a rapidement confirmé les plaintes de clients dont les comptes ont été illégalement ponctionnés d’importantes sommes d’argent.
Il s’est avéré que ces «coupes» ont été opérées à travers la falsification des données informatiques de la banque où la concernée travaille depuis 13 ans. C’est l’inspection générale de la banque qui a porté plainte, avant la prise en main du dossier par les limiers de la police judiciaire à Rabat, qui a d’ailleurs eu à traiter récemment trois affaires similaires ayant secoué des agences bancaires à Salé, Témara et Rabat.
Les trois ex-directrices de ces agences purgent actuellement des peines de prison. Al Akhbar cite l’exemple de celle d’une agence bancaire au quartier Agdal de Rabat, qui aurait détourné 800.000 dirhams, une somme qu’elle a frauduleusement transférée vers les comptes de son mari et de sa fille avec la complicité de certains de ses collègues, eux aussi aujourd’hui en prison.




