Lors d’une réunion élargie avec les groupes parlementaires de son parti, lundi, Nizar Baraka, secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, a réitéré sa consigne aux élus de ne pas attaquer les ministres des partis alliés ni le chef du gouvernement. Pourtant, son bilan de l’action exécutive, présenté aux députés, a réservé une large place aux critiques, malgré un bref hommage aux réalisations des ministres istiqlaliens. Baraka n’a pas hésité à pointer du doigt les échecs gouvernementaux, reconnaissant un «fiasco» dans la lutte contre le chômage et la corruption, ainsi qu’une «impuissance totale» à éradiquer le clientélisme dans plusieurs secteurs, relate le quotidien Assabah de ce mercredi 22 avril.
Sur la question des prix des carburants, il a souligné une hausse plus marquée au niveau national qu’international, malgré les mesures visant à réduire les marges bénéficiaires. Pour lui, la «culture de la cupidité et de l’exploitation des crises» persiste, la spéculation n’ayant pas été endiguée, ce qui pèse sur le pouvoir d’achat des citoyens. Le secrétaire général a également dénoncé les dérives dans l’importation du bétail, un secteur échappant à tout contrôle. La culture de la cupidité et de l’exploitation des crises est flagrante dans les prix du cheptel, qui ont récemment augmenté malgré l’abondance», a-t-il déclaré, regrettant que les efforts de lutte contre la corruption n’aient pas eu d’impact tangible pour les Marocains, en dépit du nombre élevé de poursuites engagées. Une sévérité qui, selon lui, contraste avec l’absence de résultats concrets.
S’en prenant indirectement à Younes Sekkouri, Baraka a jugé les performances du ministère de l’Emploi insuffisantes, la baisse du chômage restant marginale (de 13,6% à 13%), malgré une hausse des investissements publics (de 230 milliards de dirhams en 2021 à près de 380 milliards en 2026). Une contre-performance au regard des promesses d’Aziz Akhannouch, qui avait annoncé, sous la coupole du Parlement, la création d’un million d’emplois sous sa primature, rappelle Assabah. Pour Baraka, le secteur privé n’a pas suivi la dynamique impulsée par le public, expliquant ainsi la persistance d’un chômage élevé. «Les orientations royales étaient pourtant claires: le privé devait contribuer aux deux tiers des investissements, contre un tiers pour le public», a-t-il rappelé. Si 850.000 emplois nets ont été créés durant ce mandat, des opportunités ont été perdues, notamment dans l’agriculture en raison de la sécheresse (200.000 emplois supprimés par an).
Sur le pouvoir d’achat, Baraka a reconnu, «loin de toute surenchère électorale», les efforts gouvernementaux, citant le soutien au gaz butane, à l’électricité et aux transports, la suppression de la TVA sur certains produits, des baisses d’impôts et la redistribution des recettes issues de la hausse des prix de l’énergie. Cependant, il a admis un recul de la situation de la classe moyenne, illustrant les limites des mesures adoptées.




