Au terme de leur enquête, une brigade de gendarmerie de Settat ont conclu à un infanticide, après le signalement de la disparition d’un bébé, une petite fille âgée de 20 jours. Le crime avait été perpétré par la mère de l’enfant, qui avait été porté plainte pour un prétendu enlèvement de son bébé par cinq inconnus à son domicile dans la localité d’Ouled Frej, entre El Jadida et Settat.
Les gendarmes ont déféré la semaine dernière cette femme, ainsi que les deux présumés complices, devant le parquet de la Cour d’appel de Settat, relaie Al Akhbar de ce jeudi 16 avril. Le procureur général du Roi a requis leur placement en détention provisoire et a retenu contre eux les chefs d’accusation d’«homicide volontaire», de «mutilation de cadavre» et de «dénonciation mensongère».
Âgée d’une cinquantaine d’années et déjà mère de sept enfants, la prévenue avait prétendu, dans sa plainte, avoir été victime d’une entrée par effraction dans son domicile où son bébé, qui était son huitième enfant et qui n’était âgé que de vingt jours, avait été enlevé.
L’enquête initiée a rapidement permis de démontrer que cette plainte était un leurre qui masquait en fait un crime odieux, la prévenue ayant fini par avouer qu’elle avait assassiné son bébé, avec la complicité de deux hommes, l’un étant l’auteur principal de ce crime et l’autre, son complice. Tous deux avaient tenté, tout au long de l’enquête, d’égarer les gendarmes par des déclarations fallacieuses.
La prévenue a fini par avouer, au cours de ses interrogatoires, une toute autre version des faits. Elle a fini par expliquer qu’au moment des faits, une dispute avec l’un des suspects avait dégénéré en agression, laquelle s’était étendue à son bébé, ce qui avait provoqué sa mort sur le coup.
À l’origine de ce conflit, son refus de respecter un accord secret qui avait été conclu avec cet homme, alors qu’elle était enceinte: cette femme lui avait promis de céder l’enfant à sa naissance, afin que celui-ci l’adopte. Le fait qu’elle a changé d’avis aurait entraîné, selon ses dires, une violente altercation, au cours de laquelle les coups que lui a portés cet homme ont atteint son bébé, provoquant son décès. Paniqués, la mère et son complice ont alors, selon les aveux qu’elle a livrés, décidé d’enterrer clandestinement le petit cadavre.
Dans leurs conclusions, les enquêteurs ont également mis en cause un second individu, ami du premier accusé, qui a lui aussi été arrêté et placé en détention provisoire, indique Al Akhbar. L’homme avait, dans un premier temps, livré aux enquêteurs des déclarations mensongères, dans le but de les tromper, prétendant avoir assisté à une partie de cette altercation, et vu la mère remettre son bébé vivant à son ami dans une gare routière –alors même qu’il savait pertinemment que le bébé était déjà mort et avait été enterré par les deux suspects.
C’est en géolocalisant les téléphones portables des mis en cause, en faisant appel à des analyses génétiques et techniques, que les gendarmes en charge de l’enquête ont réussi à confondre la prévenue, acculée devant l’accumulation des preuves qui contredisaient ses déclarations initiales. Elle a finalement dû reconnaître les faits, et a fini par avouer le lieu précis où elle a enterré son bébé, tout en désignant son complice comme étant le responsable direct de sa mort.




