Dans les régions de Sefrou et d’Imouzzer, la campagne de récolte des cerises s’inscrit cette année dans un contexte globalement favorable. Sur le terrain, les producteurs affichent un certain soulagement: la production est au rendez-vous et les conditions climatiques ont, dans l’ensemble, joué en leur faveur.
«On peut dire que la production est bonne cette année; le climat a vraiment été de notre côté», confie Nourredine, un producteur de la région. Les pluies bien réparties et les températures hivernales ont permis un bon développement des vergers, assurant une floraison régulière et une récolte jugée satisfaisante.
La cueillette de la cerise s’étale généralement de la fin du mois de mai jusqu’à la mi-juillet, selon les variétés et les zones de production. Dans ces régions, la cerise reste une culture emblématique, réputée pour sa qualité et sa valeur sur le marché.
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La saison n’a toutefois pas été totalement homogène. Une variété précoce a été touchée en début de campagne par un épisode de brouillard, entraînant des pertes estimées à environ 40 % dans certaines exploitations. «Il y a eu un impact, mais le reste de la production a bien tenu», explique Nourredine.
Sur le marché, les prix suscitent également des interrogations. Si la production est globalement abondante, les tarifs restent relativement élevés, en grande partie en raison du coût de la main-d’œuvre. Les ouvriers agricoles sont devenus rares, et leurs salaires ont fortement augmenté. «Aujourd’hui, un ouvrier coûte entre 130 et 160 dirhams par jour», explique-t-il, précisant qu’une journée de travail ne dépasse généralement pas six à sept heures.
Cette hausse se répercute directement sur le coût de la récolte. Une fois la main-d’œuvre et les charges prises en compte, le coût de production peut atteindre environ 10 dirhams par kilo. En sortie de verger, les producteurs estiment vendre leur cerise entre 20 et 25 dirhams le kilo, un niveau qui laisse peu de marge une fois les frais déduits.
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Pour Hamid El Salhi, conseiller agricole, la saison peut être considérée comme excellente dans la province de Sefrou. Cette réussite s’explique par des conditions climatiques très favorables tout au long des différentes étapes de croissance des cerisiers.
La superficie totale consacrée à la culture du cerisier dans la province avoisine les 560 hectares, regroupant des variétés diverses telles que «Rainier», «Lambert», «Cœur de pigeon» et «Bigarreau Van».
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Sur le plan technique, les professionnels soulignent un écart important entre les modes de culture. Dans les exploitations traditionnelles, les rendements restent limités, autour de 4 à 6 tonnes par hectare. En revanche, les vergers modernisés, qui utilisent des techniques d’irrigation et de fertilisation plus avancées, peuvent atteindre jusqu’à 15 tonnes par hectare.
«La différence est énorme dès qu’on modernise les techniques», souligne Hamid El Salhi.
Les producteurs rappellent que la culture du cerisier demande une véritable expertise, notamment en raison de la diversité des variétés, qui permet d’étaler la récolte sur plusieurs semaines. Une bonne organisation reste indispensable pour éviter les pertes et optimiser la production.
Dans ce contexte, la saison apparaît globalement réussie sur le plan agricole, mais reste marquée par une contrainte majeure: le coût de la main-d’œuvre, qui continue de peser sur toute la filière et sur les prix finaux.




