À cause de l’adoption par le Conseil de gouvernement du projet de décret n°2.26.340, précisant les modalités d’application de l’article 24 relatif aux transferts inter-régionaux du personnel soignant, de nouvelles tensions traversent le corps médical dans son ensemble. Aussitôt annoncée, la décision a été vivement décriée par les syndicats et les coordinations professionnelles, qui reprochent au gouvernement d’avoir opté pour une «approche unilatérale dans la gestion de l’un des dossiers les plus sensibles du chantier de réforme sanitaire», relaie Al Akhbar de ce mardi 16 juin.
De l’avis des représentants du corps médical, «ni le gouvernement ni le ministère de la Santé n’ont respecté la méthodologie de concertation qui avait jusqu’ici caractérisé les discussions sur la refonte du secteur et la déclinaison des dispositions statutaires propres à la fonction publique sanitaire», ajoute le quotidien, soulignant que ces partenaires sociaux ont insisté sur le fait que «plusieurs observations et propositions émanant des personnels soignants n’ont pas été prises en compte».
Parmi leurs principales inquiétudes, «les modalités de gestion des mutations dans le nouvel édifice des groupements sanitaires territoriaux (GST)», indique Al Akhbar, une «pierre angulaire de la réforme» initiée par le gouvernement. Selon les syndicats, «la version actuelle du décret ne comporte pas de garanties suffisantes pour protéger le droit des cadres à une mobilité conforme à des règles claires et transparentes», et, de plus, ils critiquent «la possibilité de restreindre la mobilité professionnelle entre les régions et les différents établissements de santé».
Les représentants du corps médical redoutent avant tout, indique le quotidien, que «l’application du texte en l’état ne réduise la marge de choix offerte aux médecins, infirmiers, techniciens et personnels administratifs souhaitant bénéficier d’une mutation pour des raisons sociales, familiales ou professionnelles», un risque qui leur paraît «d’autant plus réel qu’il s’inscrit dans un contexte de transition progressive conférant de larges prérogatives aux nouvelles structures [hospitalières] régionales».
Le différend qui prévaut désormais s’inscrit, écrit Al Akhbar, «dans une séquence plus large de relations tendues, depuis plus d’un an, entre le ministère de tutelle et les partenaires sociaux» qui, quant à eux, «dénoncent un retard dans la mise en œuvre de plusieurs engagements figurant dans des accords antérieurs avec le gouvernement, dont le versement de la partie variable des salaires, la révision du système d’indemnisation, et l’amélioration des primes destinées aux professionnels exerçant dans les zones reculées ou difficiles d’accès».




