Le Centre marocain des droits de l’Homme a tiré la sonnette d’alarme face à l’essor inquiétant des «pharmacies fantômes», ces espaces qui pullulent dans plusieurs villes du pays et menacent gravement la santé des citoyens. Dans un appel pressant, l’organisation exige des autorités compétentes une intervention immédiate pour les fermer et engager des poursuites judiciaires contre leurs responsables, indique le quotidien Assabah dans son édition du jeudi 16 avril.
Derrière des vitrines soigneusement agencées, ces établissements se présentent comme des pharmacies ou des laboratoires médicaux, exploitant des herbes et des mélanges pour donner une apparence de légitimité à leur activité. Pourtant, les produits qu’ils commercialisent échappent à tout contrôle sanitaire. Emballés avec soin et accompagnés d’étiquettes attrayantes, ils promettent des vertus thérapeutiques sans aucun fondement scientifique ni autorisation légale. «Ces structures jouent sur la crédulité des consommateurs en leur vendant des remèdes miracles pour des maladies chroniques et graves», dénonce le Centre.
Parmi les produits les plus dangereux, des mélanges aux compositions inconnues, présentés comme des traitements contre le diabète, l’hypertension artérielle ou encore l’infertilité, a-t-on pu lire dans Assabah. D’autres sont vendus comme des aphrodisiaques, des produits amaigrissants ou des stimulants de la mémoire. Pourtant, certains contiennent des substances toxiques, voire cancérigènes, malgré leur étiquetage rassurant: «naturel» ou «sans danger». «La situation est d’autant plus alarmante que ces produits sont souvent administrés sans dosage précis, ce qui peut entraîner des complications graves», souligne un responsable de l’organisation.
Pire encore, les gérants de ces «pharmacies» usurpent des titres professionnels, se faisant passer pour des «experts en herboristerie» ou des «thérapeutes naturels». Ils n’hésitent pas à établir des diagnostics et à prescrire des «traitements» sans aucun fondement médical, mettant en péril la santé de personnes crédules. Les hôpitaux marocains enregistrent chaque mois des dizaines de cas liés à l’utilisation de ces produits, un indicateur clair de l’aggravation du phénomène.
Casablanca est particulièrement touchée, où ces pratiques illégales se multiplient dans les quartiers populaires et le centre-ville. Certaines places publiques se transforment même en points de vente pour ces produits, attirant une clientèle souvent peu instruite et vulnérable. «Le problème ne se limite plus aux remèdes traditionnels. On observe une tendance croissante à la commercialisation de produits liés à la santé sexuelle, exploitant la gêne sociale qui empêche de nombreux Marocains de consulter des médecins spécialisés», explique un membre du Centre marocain des droits de l’Homme.
Les victimes, souvent en quête de solutions rapides et discrètes, tombent dans le piège des promesses mensongères de ces «herboristes». «Ils vendent des recettes magiques sans aucune preuve scientifique, profitant de la détresse des gens», témoigne une source informée, relayée par le quotidien, qui s’interroge sur l’efficacité des commissions de contrôle sanitaires et leur capacité à enrayer ce fléau.




