Opération coup de filet à Oujda: des drones comme nouvelles voies de passage de drogue

Un drone Bayraktar Akinci.

Revue de presseUne vaste opération conjointe entre la police et la Direction générale de la surveillance du territoire national a permis de démanteler un réseau criminel spécialisé dans le trafic international de stupéfiants, mettant au jour un arsenal logistique sophistiqué, dont des drones utilisés pour franchir les frontières. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 23/04/2026 à 18h27

C’est une prise record que les forces de sécurité marocaines viennent de réaliser dans la région d’Oujda. Mercredi dernier, les éléments de la préfecture de police d’Oujda, en coordination avec la Direction générale de la surveillance du territoire national (DGST), ont réussi à déjouer une tentative de trafic international de drogue et à interpeller huit individus, âgés de 30 à 49 ans. Parmi eux figurait un ressortissant algérien en situation irrégulière au Maroc, soupçonné d’appartenir à un réseau criminel actif dans la commercialisation de stupéfiants et de substances psychotropes, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition de ce vendredi 24 avril.

L’opération, menée après plus de deux semaines de surveillance ciblée, s’est déroulée dans la ville d’Oujda et plusieurs zones rurales environnantes. Les suspects ont été appréhendés en flagrant délit alors qu’ils préparaient une opération de contrebande à grande échelle. Les perquisitions qui ont suivi ont permis de saisir près de 700 kilogrammes de résine de cannabis, ainsi qu’un butin impressionnant: des bijoux et une somme d’argent liquide s’élevant à plus de 4,6 millions de dirhams, suspectés d’être le fruit de leurs activités illicites. Les investigations ont également conduit à la saisie de 25 drones, d’une batterie et de 35 télécommandes, ainsi que de huit véhicules utilisés pour faciliter leurs méfaits.

Les vérifications effectuées dans la base de données de la Sûreté nationale ont révélé qu’un des interpellés faisait l’objet d’un mandat de recherche national émis par la Gendarmerie royale d’Oujda, pour son implication présumée dans une affaire similaire de trafic de stupéfiants et de substances psychotropes. Placés en garde à vue, les suspects sont désormais soumis à une enquête judiciaire sous la supervision du parquet compétent, afin de déterminer l’étendue de ce réseau criminel et d’identifier d’éventuelles complicités, lit-on dans Al Ahdath Al Maghribia.

Cette affaire s’inscrit dans le cadre des opérations de sécurité intensives et continues menées par la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et la DGST pour lutter contre le trafic de drogue et de substances psychotropes. Un fléau qui prend une dimension particulière dans la région d’Oujda, où l’utilisation de drones pour le franchissement illégal des frontières s’est considérablement développée ces dernières années. Les autorités locales, notamment la Gendarmerie royale de Beni Drar, ont d’ailleurs mené plusieurs opérations ciblées au cours des deux dernières années, aboutissant à la saisie de dizaines de drones et à la traduction en justice de plus de vingt personnes impliquées dans ce type de trafic.

La semaine dernière encore, la Gendarmerie royale avait mené une opération similaire dans les zones de Bni Drar et de la commune de Bni Khaled, aboutissant à l’interpellation d’un suspect et à la saisie d’une quantité de drogue destinée à être expédiée par drone. Cinq appareils, accompagnés de leurs batteries et systèmes de contrôle, avaient également été saisis lors d’une perquisition au domicile du mis en cause.

Face à cette menace grandissante, les autorités ont renforcé leurs dispositifs de surveillance, en recourant à des technologies de pointe pour traquer les réseaux criminels. Les équipes d’intervention s’appuient désormais sur des techniques avancées de détection et de renseignement, leur permettant d’identifier avec une grande précision les activités suspectes, révèle un responsable qui a affirmé à Al Ahdath Al Maghribia que «ces méthodes ont permis de cibler des zones auparavant utilisées pour le trafic par drones, où des indices forts laissent penser à l’implication de groupes organisés et professionnels».

La lutte contre ce phénomène s’annonce toutefois complexe, tant les zones frontalières se transforment en plaques tournantes pour le trafic de stupéfiants. «Certaines localités sont devenues des zones actives de contrebande, où les drones sont utilisés pour acheminer la drogue vers l’Algérie, souvent en coordination avec des complices algériens», souligne la même source. Une situation qui pose des défis croissants aux forces de sécurité, contraintes d’adapter leurs stratégies pour endiguer un trafic de plus en plus sophistiqué et transnational.

Par La Rédaction
Le 23/04/2026 à 18h27