Les fuites émanant des conclusions de l’enquête menée par la police nationale espagnole continuent de révéler des surprises dans l’affaire du démantèlement du réseau de tunnels creusés à Sebta, pour laquelle trente suspects placés en détention sont poursuivis. La première des révélations contenues dans les procès-verbaux des enquêteurs concerne la formation de tueurs à gages encadrés par un ressortissant sud-américain, surnommé «Karana» dans les cercles du trafic de stupéfiants.
«Le deuxième accusé marocain de cette affaire aurait sollicité les services du chef présumé de cette bande de tueurs pour éliminer un baron marocain de la drogue, tombé l’année dernière aux mains des autorités espagnoles», rapporte Assabah de ce vendredi 17 avril. Ce dernier serait devenu, depuis, un indicateur de la police, soupçonné d’avoir divulgué des informations sensibles sur les tunnels destinés au trafic de drogue entre Sebta et le territoire marocain.
Une communication téléphonique aurait eu lieu entre ce deuxième accusé marocain, surnommé «Amendis», du nom de la société où il travaillait et le chef du réseau, afin de solliciter les services de la bande de tueurs à gages. Ce dernier, recherché dans plusieurs affaires de meurtre, aurait réclamé une somme d’argent à Amendis pour exécuter le baron, après avoir eu connaissance de sa transformation en indicateur de la police et de sa dénonciation des ramifications de ce réseau international.
L’incident a provoqué une onde de choc parmi ceux qui suivaient l’activité de ce réseau, actif aussi bien à Sebta qu’aux abords frontaliers de Fnideq, au moment où la police donnait l’assaut aux planques des suspects. Ces développements surviennent un an après le démantèlement du premier tunnel, qui avait entraîné l’arrestation de plusieurs suspects. «Depuis, l’enquête s’est poursuivie sans relâche, jusqu’à ce que la police espagnole, dans la préside occupée, découvre l’existence d’un deuxième tunnel à proximité immédiate du premier ouvrage», souligne Assabah.
L’accusé principal, qui travaillait pour Amendis, une société de distribution d’eau, d’électricité et d’assainissement, aurait usé de son expertise dans le domaine des eaux usées pour superviser la construction du tunnel dédié au transport de drogue. La police espagnole soupçonne par ailleurs l’existence d’un troisième tunnel, non loin de celui découvert en mars dernier.




