Sur la plage du Centre de Mohammedia, l’ambiance est au rendez-vous: les familles s’installent sous les parasols et les baigneurs profitent d’une mer particulièrement prisée en cette période. Mais derrière cette image de vacances, plusieurs problèmes restent bien visibles. Le plus frappant concerne les équipements sanitaires, dont l’absence se fait cruellement sentir sur une plage qui accueille quotidiennement des milliers de personnes.
«Cela fait des années que les infrastructures publiques élémentaires sont quasi inexistantes sur nos plages», entame Mohamed Shimi, président de l’association Zohour pour l’environnement et le développement. «Il n’y a pratiquement pas de toilettes ni de douches publiques. Pour une plage aussi fréquentée que celle-ci, ce n’est pas normal», déplore-t-il.
Autre problème: le classement de certaines plages comme impropres à la baignade. Il ne concerne pas seulement la plage Al Markaz, mais s’inscrit dans un contexte plus large où plusieurs plages du littoral de Casablanca-Settat restent régulièrement déconseillées. Mohamed Shimi cite notamment le cas des plages Manesmane, à Mohammedia, ainsi que «Grand Zenata» et «Petite Zenata», où le problème se répète, selon lui, depuis plusieurs années. Une situation qui finit par reporter une partie de la fréquentation vers les plages encore accessibles à la baignade, avec pour conséquence une concentration importante des estivants sur quelques sites.
Al Markaz en est une illustration. La proximité de Casablanca, l’amélioration de l’accessibilité et l’affluence estivale en font l’un des points de chute privilégiés des familles de la région. Sur le volet de la propreté, le constat est toutefois moins sombre. Les équipes de nettoyage sont présentes et leur travail est visible. Ici, les agents interviennent régulièrement pour débarrasser le sable des déchets laissés par les visiteurs. «Cette année, comparée aux précédentes, nous constatons un effort net d’assainissement, avec la présence constante des agents de nettoyage matin et soir», reconnaît Mohamed Shimi.
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Mais le travail des équipes se heurte à un autre problème: les comportements de certains estivants. Bouteilles en plastique, emballages et autres détritus finissent encore régulièrement sur le sable, parfois à quelques mètres seulement des poubelles. «Le problème réside aussi dans le comportement de certains estivants qui continuent de jeter leurs déchets directement sur le sable ou dans l’eau, même lorsque des poubelles sont installées à proximité», regrette-t-il.
Pour l’association, la sensibilisation ne suffit plus. «Chaque citoyen sait pertinemment qu’il ne faut pas jeter ses ordures sur la plage. Il est temps de passer à une étape supérieure, avec des mesures dissuasives et des sanctions fermes», estime Mohamed Shimi.
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À Al Markaz, les attentes des usagers ne se limitent pas à la propreté. Les familles réclament également davantage d’équipements pour rendre la plage plus agréable et, surtout, mieux adaptée à son niveau de fréquentation. Les aires de jeux pour enfants, notamment, sont jugées insuffisantes ou nécessitent davantage d’entretien. «Il faut repenser l’aménagement global de nos plages, réparer les aires de jeux existantes et en créer de nouvelles», recommande l’acteur associatif. «Et il faut aussi assurer une surveillance continue et lutter contre le vandalisme pour que ces espaces puissent durer», insiste-t-il.
Derrière les problèmes visibles à la plage du Centre se pose finalement une question plus large: comment accompagner durablement la pression exercée sur le littoral de Mohammedia? La réponse passe, selon les acteurs associatifs, par une meilleure coordination entre les différents intervenants: commune, société chargée de la propreté et société civile.
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«Il faut une véritable synergie entre ces trois acteurs», insiste Mohamed Shimi, qui appelle notamment la commune à davantage travailler avec les associations présentes sur le terrain. Cette coordination sera d’autant plus importante dans les prochaines années, alors que Casablanca-Settat se prépare à accueillir de grands événements et que la mise en service du Grand Stade de Casablanca devrait encore renforcer l’attractivité et les flux dans la région.
Sur les plages de Mohammedia, la saison estivale montre donc les deux visages du littoral: une plage vivante, populaire et régulièrement entretenue, mais dont les équipements et la gestion restent en décalage avec l’affluence qu’elle connaît. Pour les estivants, l’essentiel est finalement simple: pouvoir profiter de la mer dans un espace propre, sûr et correctement équipé. Un minimum qui, sur certaines plages de la région, reste encore à atteindre.




