Législatives: l’Istiqlal dévoile sa vision

Nizar Baraka, ministre de l'Équipement et de l'eau

Nizar Baraka, secrétaire général du Parti de l’Istiqlal

Revue de presseEn prévision des élections législatives, le parti de l’Istiqlal a dévoilé son nouveau programme politique sous la présidence de Nizar Baraka. Articulée autour de cinq grands piliers et d’un pacte pour la jeunesse, cette feuille de route place la protection de la famille, le pouvoir d’achat de la classe moyenne, la lutte stricte contre la corruption et la souveraineté stratégique au cœur de ses priorités pour les cinq années à venir. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 30/08/2026 à 18h16

Le parti de l’Istiqlal a officiellement présenté son programme électoral en prévision des prochaines échéances législatives couvrant la période 2026-2031. «Décliné sous la bannière d’un engagement patriotique et tourné vers l’avenir, ce projet repose sur cinq axes majeurs d’intervention publique, articulés en synergie avec le Pacte national pour la jeunesse, qui constitue le sixième pilier transversal du document», indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du lundi 31 août.

Présentée par le secrétaire général Nizar Baraka au siège du parti à Rabat, en présence des cadres, candidats et militants de la formation politique, cette vision s’articule autour d’une ambition claire: «bâtir une société marocaine équilibrée où la dignité humaine, la justice sociale, la relance économique et la souveraineté nationale forment la colonne vertébrale des politiques publiques à venir».

Au cœur des priorités programmatiques de l’Istiqlal se trouve la famille, envisagée comme l’élément fondamental de la cohésion sociale nationale. Constatant les transformations socio-économiques rapides et l’émergence de nouvelles fragilités, le parti propose un soutien financier ciblé pour encourager les jeunes au mariage, pouvant atteindre cinq mille dirhams afin d’alléger les coûts initiaux d’installation ou d’acquisition du premier logement. Le programme prévoit également la création d’un cadre national d’accompagnement à la vie familiale, tout en renforçant le dispositif juridique de protection de la petite enfance.

Parmi les mesures phares figure l’interdiction stricte de l’accès des mineurs de moins de quinze ans aux plateformes de réseaux sociaux et aux jeux électroniques jugés dangereux par les autorités compétentes, en complément du bannissement des smartphones dans les établissements d’enseignement primaire. «Pour équilibrer vie professionnelle et vie familiale, le parti préconise l’instauration d’un congé parental rémunéré pour la garde des jeunes enfants, à répartir entre les parents, tout en intégrant la prise en charge de la santé mentale au sein de la couverture médicale obligatoire, avec une généralisation du soutien psychologique dans le milieu scolaire», écrit Al Akhbar.

En matière de gouvernance et de moralisation de la vie publique, l’Istiqlal prône une politique de tolérance zéro face à la corruption et à la rente économique. Le programme avance des réformes structurelles visant à sortir du flou juridique entourant les conflits d’intérêts, en exigeant l’abstention automatique de tout responsable décisionnaire confronté à un risque de partialité personnelle, sous peine de sanctions strictes. Le dispositif prévoit d’amplifier le rôle des organismes de contrôle et d’étendre l’obligation de déclaration du patrimoine aux proches et ayants droit des personnes dépositaires de l’autorité publique. Pour assainir l’économie nationale et encourager l’initiative privée, le parti propose une surtaxe exceptionnelle pouvant atteindre 40% sur les bénéfices issus de situations monopolistiques ou de rentes économiques réglementées.

Sur le plan économique et social, la consolidation du pouvoir d’achat et l’émergence d’une classe moyenne forte occupent une place centrale. L’Istiqlal s’engage à encadrer rigoureusement les marges bénéficiaires des produits de première nécessité, des soins médicaux, des fournitures scolaires et des carburants, tout en dotant le Conseil de la concurrence d’attributions coercitives accrues.

Le parti défend une revalorisation progressive du salaire minimum et des pensions de retraite par le biais d’un dialogue social permanent avec les partenaires économiques, accompagnée d’une accélération de la réforme des caisses de retraite. «Un contrat social de sortie de la pauvreté est proposé sous la forme d’une carte familiale unifiée centralisant l’accès aux aides directes, à la formation et au suivi sanitaire», souligne Al Akhbar.

Le volet consacré à la santé et à l’éducation dessine une modernisation en profondeur des services publics. Le parti préconise la création d’une agence nationale des urgences médicales et la formation accélérée de 2 000 médecins urgentistes certifiés à l’horizon 2031. Cette mesure s’accompagne de la mise en place d’une carte sanitaire régionale intégrée favorisant un parcours de soins coordonné. Dans le domaine éducatif, l’Istiqlal préconise la généralisation effective et gratuite de l’enseignement préscolaire pour les enfants de quatre à six ans, avec une harmonisation pédagogique rigoureuse entre le milieu urbain et le monde rural.

Quant à l’insertion des jeunes, le programme s’engage à ce qu’aucun jeune ne reste à l’écart des circuits d’études, de formation ou de l’emploi pendant une période supérieure à six mois, notamment grâce à une initiative de détection et d’accompagnement ciblant 100 000 talents dans les domaines du travail indépendant, du numérique et des métiers d’avenir.

Le dernier pilier pose les bases d’une souveraineté nationale renforcée dans les secteurs critiques de l’eau, de l’énergie et de la sécurité alimentaire. Face aux défis climatiques, le parti prône la priorité absolue à la gestion des ressources hydriques, la corrélation du soutien public agricole à l’empreinte eau des cultures et l’établissement d’un budget hydrique par bassin versant. Le parti vise une autonomie stratégique caractérisée par une réserve nationale minimale de 90 jours de consommation pour les carburants et de quatre à six mois pour les céréales essentielles et les médicaments prioritaires. La stratégie prévoit d’élever la part du contenu local dans les projets énergétiques à 50% d’ici 2031 et d’imposer un seuil minimal de 30% de valeur ajoutée produite au Maroc dans l’attribution des marchés publics. La création d’une compagnie nationale de commerce stratégique est également envisagée pour sécuriser l’approvisionnement en matières premières fondamentales.

Par La Rédaction
Le 30/08/2026 à 18h16