À Fès el-Bali, la dégradation du bâti ancien expose les habitants de plusieurs ruelles à un risque quotidien. Des constructions fissurées reposent depuis des années sur des dispositifs d’étaiement en bois, posés à titre provisoire pour prévenir leur effondrement. Mais ces ouvrages de confortement se dégradent à leur tour, au point de constituer une source de danger supplémentaire.
Dans certains passages de la médina, ces installations seraient en place depuis plus de vingt ans, sans que leur pose ait été suivie d’une réhabilitation durable des habitations concernées. Les constatations de notre média Le360 dans plusieurs ruelles témoignent de leur état de délabrement: pièces de bois rongées, assemblages disjoints et appuis désolidarisés des maçonneries. À proximité, des murs fragilisés s’effritent, laissant se détacher des pierres et de la poussière au moindre contact.
À Derb El Menia El Kebira, dans le secteur de Talaa Kebira, la situation est particulièrement préoccupante. Dans ce passage étroit, emprunté par les habitants comme par les touristes, des étais en bois soutiennent une succession de maisons très dégradées. Leur état fait craindre des effondrements en cas de fortes pluies, les infiltrations pouvant aggraver les désordres des maçonneries et compromettre la stabilité des dispositifs de confortement.
Les témoignages recueillis par Le360 traduisent l’angoisse de riverains confrontés depuis des années au risque d’effondrement. «Nous sommes en danger. Les maisons tombent en ruine et de grosses pierres se détachent au-dessus de nos têtes. En hiver, chaque coup de tonnerre nous terrifie. Les étais en bois commencent à se déloger», dénonce une habitante. Elle réclame la démolition des bâtisses abandonnées devenues dangereuses et la réhabilitation urgente des logements menaçant ruine.
Lire aussi : Un téléphérique au-dessus de la médina de Fès pour repenser la mobilité touristique
Un autre résident déplore l’absence de réponse concrète aux réclamations adressées aux responsables. «Nous ne cessons de demander une intervention urgente, mais rien ne se passe. Je vis ici avec mes enfants, dans une maison qui menace ruine. Quand je dors, de la poussière tombe sur mon visage», confie-t-il.
Rachida Karchi, élue à Fès, alerte également sur la dégradation des dispositifs d’étaiement dans ce quartier ancien de la médina. Selon elle, les pièces de bois se détériorent désormais à leur base, compromettant leur fonction de soutien et exposant les habitants comme les touristes à un danger direct. Plusieurs maisons d’hôtes sont également installées dans ces ruelles.
L’élue rappelle que certains étais ont été posés en 2004. Elle appelle les autorités compétentes à engager une intervention permettant de remplacer ces mesures conservatoires, prolongées depuis plus de vingt ans, par des travaux durables de mise en sécurité et de réhabilitation du bâti.




