JPO de la DGSN. Corps au sol, indices dissimulés et suspects à identifier... une scène de crime plus vraie que nature

Lors des Journées portes ouvertes de la DGSN. (K.Sabbar/Le360)

Le 19/05/2026 à 18h48

VidéoEntrer dans une scène de crime sans y avoir été convié. C’est l’expérience que propose la DGSN lors de ses Journées portes ouvertes à Rabat, à travers un dispositif virtuel réservé aux plus de 16 ans. Immersion dans les coulisses de la police scientifique et technique.

Un corps sans vie, recouvert d’une couverture grisâtre, gît sur le sol. Le ruban jaune est tendu entre deux poteaux noirs qui délimitent le périmètre. Autour, ce n’est pas une salle d’exposition. Les murs sont ceux d’un salon, avec un canapé, une table basse, des objets du quotidien laissés là comme si la vie venait de s’arrêter net.

La cuisine s’ouvre sur la droite, les placards entrouverts, un bac à plantes renversé près de l’îlot central, des traces au sol et une tache sombre sur le tapis. La lumière est froide et bleutée. Elle tombe de partout et de nulle part à la fois. Les visiteurs sont au milieu de tout cela, debout, entourés de toutes parts par le décor. Ils découvrent qu’ils ne sont plus dans un pavillon... mais bien sur une scène de crime.

Une technicienne relevant de la police scientifique et technique se tient parmi eux, micro en main. Elle pivote lentement, désigne un mur, puis le sol, puis la cuisine. Elle pose des questions aux visiteurs pour qu’ils cherchent eux-mêmes les indices, les invite à regarder de plus près, à réfléchir. Dans le groupe, personne ne parle. Une femme penche légèrement la tête vers l’avant pour mieux voir. Un jeune sort son téléphone, hésite, puis le remet dans sa poche.

Bienvenue au pavillon de la police scientifique et technique, l’une des installations de la 7e édition des Journées portes ouvertes de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), qui se tient à Rabat jusqu’au 22 mai, à l’occasion du 70e anniversaire de la fondation de l’institution.

Le parcours, réservé aux plus de 16 ans, accueille les visiteurs par petits groupes et s’articule en trois espaces distincts. Dans la première salle, des policiers présentent les missions et les méthodes de travail de la police scientifique et technique, répondent aux questions et expliquent chaque étape. Le public suit attentivement avant d’avancer vers ce que Rachid Belghiti Alaoui, commissaire divisionnaire et chef de la Division centrale d’identité judiciaire à la Direction de la police judiciaire, décrit comme «une nouveauté absolue de cette édition».

«Nous avons cherché à présenter un ensemble de nouveautés, pour la première fois dans les éditions précédentes, qui prendront lors de cette édition la forme d’une scène de crime virtuelle et automatisée, permettant aux participants et visiteurs de simuler une scène de crime, de mettre en avant les moyens logistiques et humains et d’illustrer le mode de travail sur une scène de crime», explique-t-il dans une déclaration pour Le360.

Le scénario mis en scène est celui d’une aide ménagère qui découvre le corps du propriétaire de la maison où elle travaille. Elle contacte la police sans toucher à rien. Un officier de police judiciaire arrive avec des techniciens, relève les indices et les soumet aux laboratoires d’expertise.

Ne pas toucher: le premier réflexe du bon témoin

«Nous avons cherché à illustrer l’ensemble des éléments susceptibles d’être laissés par les victimes ou l’auteur sur la scène de crime, afin qu’ils puissent être exploités de manière scientifique précise, à l’image des inspecteurs de police ou de l’officier de police judiciaire chargé de l’examen de ces crimes», précise Rachid Belghiti Alaoui.

Le choix du scénario porte un message de sensibilisation adressé au grand public. «Lorsqu’on découvre un crime ou un incident, on reste témoin sans perturber les éléments d’échange présents sur la scène de crime», insiste le commissaire divisionnaire, ajoutant que le «dispositif vise à inciter les citoyens à jouer leur rôle dans la préservation de la scène de crime en évitant d’y toucher lorsqu’ils sont témoins d’un incident».

Le parcours se conclut devant un espace consacré aux laboratoires. Les résultats des expertises s’affichent sur les écrans: une empreinte de pied dans de l’alcool qui ne correspond pas à la victime, une poudre blanche non identifiée classée substance contrôlée.

Les visiteurs, debout face aux écrans, lisent, cherchent et comparent. «Après exploitation des traces et indices relevés sur la scène de crime, nous avons voulu faire découvrir aux visiteurs un ensemble de laboratoires via une expérience virtuelle, à travers des tablettes interactives, afin que les visiteurs puissent eux-mêmes manipuler ces tablettes pour comprendre le fonctionnement des laboratoires de la police scientifique et technique», détaille notre interlocuteur.

Des policiers accompagnent chaque manipulation et commentent en temps réel. La simulation a été développée par Exhibition Hub. Un corps, un ruban jaune... mais surtout des indices à ne pas effacer. Le message de la DGSN est on ne peut plus simple, et les visiteurs sont repartis avec.

Par Hajar Kharroubi et Khadija Sabbar
Le 19/05/2026 à 18h48