Huit mois de prison ferme pour le youtubeur qui avait cuisiné un chien pour l’Aïd

Revue de presseLe tribunal de première instance de Témara a condamné le créateur de contenu marocain connu sous le nom de «Binsnas» à une peine de huit mois de prison ferme et 20.000 dirhams d’amende. Le jeune homme, qui avait filmé et partagé une vidéo le montrant en train de préparer et consommer la chair d’un chien mort en pleine célébration de l’Aïd Al-Adha, a avoué face aux juges avoir agi dans l’unique but de maximiser ses gains financiers sur YouTube. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien al Akhbar.

Le 07/07/2026 à 18h55

La Chambre correctionnelle près le tribunal de première instance de Témara a condamné un créateur de contenu, connu sous le pseudonyme de Binsnas, à une peine de huit mois de prison ferme assortie d’une amende de 20.000 dirhams. Le jeune homme était poursuivi pour avoir publié une vidéo dans laquelle il cuisinait et consommait la chair d’un chien mort, une affaire qui avait profondément choqué l’opinion publique nationale, indique le quotidien Al Akhbar de ce mercredi 8 juillet. Le tribunal a par ailleurs rejeté les demandes de réparation civile formulées par les associations qui s’étaient constituées parties civiles.

Lors de son audience, l’accusé s’est défendu lui-même en raison d’une grève des avocats. Pressé par les questions du président du tribunal, le prévenu, qui avait abandonné l’école au collège pour se lancer dans la création de contenu numérique, est passé aux aveux. Il a expliqué qu’alors qu’il circulait à moto sur la route de Tamesna, il avait découvert la carcasse d’un chien manifestement percuté par un véhicule. Il a ensuite transporté l’animal chez lui pour le dépecer, le cuire et en consommer une partie. Bien que ces faits se soient déroulés une semaine auparavant, la vidéo n’a été diffusée qu’au matin de l’Aïd Al-Adha, lit-on dans Al Akhbar.

Interrogé sur ses motivations, notamment après avoir évoqué dans sa vidéo la cherté du prix des moutons pour lier son acte à la crise du bétail, le jeune homme a confessé que son unique but était de maximiser ses gains financiers et de multiplier ses revenus publicitaires via la plateforme AdSense. Il a toutefois nié toute intention de porter atteinte à la religion islamique ou de heurter la sensibilité de ses concitoyens. De son côté, le ministère public a fermement requis sa condamnation, tandis que l’Organisation nationale pour la protection électronique réclamait une peine de cinq ans de prison et une amende de 500.000 dirhams pour des chefs d’accusation graves, incluant l’atteinte à l’Islam, la mutilation d’animal sans nécessité, l’incitation à la violence et l’atteinte à l’ordre public et aux bonnes mœurs, écrit Al Akhbar.

L’affaire avait débuté suite à la diffusion de la séquence sur YouTube, jugée par l’organisation plaignante comme une provocation intolérable face aux valeurs religieuses et spirituelles de la société marocaine. Après le dépôt d’une plainte officielle, un avis de recherche national a été émis à l’encontre du vidéaste, âgé d’une vingtaine d’années et résidant à Témara. Interpellé par la police judiciaire, sa garde à vue et l’analyse technique de son téléphone portable ont également mis à jour d’autres éléments liés à des infractions de mœurs. Cette arrestation a entraîné de vives réactions sur les réseaux sociaux, les internautes ayant été partagés entre l’indignation face à l’horreur de ce qui avait été commis et la compassion de certains, qui ont estimé que le prévenu souffrait de troubles psychiatriques ou d’un cadre comportemental défaillant.

Par La Rédaction
Le 07/07/2026 à 18h55