Hantavirus: les assurances du ministère de la Santé

Des passagers turcs du MV Hondius, navire de croisière battant pavillon néerlandais et touché par le hantavirus, discutent avec le personnel en combinaison de protection lors de leur débarquement au port industriel de Granadilla de Abona, sur l'île de Tenerife, dans l'archipel espagnol des Canaries, le 10 mai 2026. AFP or licensors

Face au cluster d’hantavirus Andes détecté sur le bateau de croisière MV Hondius, la Direction de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies tranche: le risque pour la santé publique nationale demeure «très faible», comme le confirme Mouad Merabet, coordinateur du Centre national des opérations d’urgence de santé publique, sur LinkedIn, et aucun Marocain ne figurait parmi les passagers du navire.

Le 11/05/2026 à 15h39

Contactée par Le360, une source autorisée assure qu’«à ce stade, les éléments disponibles indiquent un risque extrêmement faible».

Aucun passager marocain ne se trouvait à bord du navire concerné, qui ne s’est pas approché du territoire national, insiste-t-on, précisant que «les mécanismes habituels de veille et de surveillance sanitaire demeurent pleinement opérationnels et ont été renforcés à titre préventif, conformément aux protocoles appliqués face à tout signalement sanitaire international».

Selon la même source, cette vigilance accrue «s’inscrit dans le fonctionnement normal du système national de surveillance épidémiologique et ne traduit pas l’existence d’un risque avéré pour le Maroc». Aucun dispositif particulier n’a été déployé aux frontières et aucun test systématique n’a été mis en place, les autorités estimant qu’une telle démarche n’est pas justifiée au regard de la situation actuelle.

Dans le même sens, Mouad Merabet, coordinateur du Centre national des opérations d’urgence de santé publique, a confirmé sur LinkedIn que «le risque pour la santé publique au niveau mondial en liaison avec le cluster des cas d’hantavirus Andes à bord du MV Hondius demeure toujours faible», tout comme le risque au niveau national, qu’il qualifie de «très faible».

L’OMS, de son côté, se veut rassurante face au niveau de risque épidémique qu’elle juge «faible», rappelant que le virus est bien moins contagieux que le Covid-19. La variante détectée sur le navire, l’hantavirus Andes, est néanmoins une souche rare susceptible de se transmettre d’homme à homme, avec une période d’incubation qui varie le plus souvent de quelques jours à six semaines, avec une fenêtre de référence retenue par les autorités sanitaires américaines de 4 à 42 jours après l’exposition. Elle peut provoquer un syndrome respiratoire aigu sévère, avec un taux de létalité dépassant parfois 40% selon les spécialistes.

Ce que recommande l’OMS

L’organisation onusienne a recommandé une surveillance active de l’ensemble des passagers et membres d’équipage ayant débarqué «pendant une période de 42 jours». Maria Van Kerkhove, directrice de la prévention et de la préparation aux épidémies, a appelé les personnes rentrant chez elles à surveiller l’apparition de symptômes précoces (fièvre, maux de tête, frissons, troubles digestifs ou douleurs musculaires) et à alerter immédiatement les autorités sanitaires en cas de signes respiratoires.

Les réponses nationales varient selon les pays. L’Allemagne, le Royaume-Uni, la Suisse et la Grèce ont retenu une quarantaine de 45 jours. La France et l’Australie ont annoncé des périodes d’observation de respectivement deux et trois semaines, prolongeables. Les États-Unis, en revanche, ont indiqué que leurs ressortissants évacués ne seraient pas systématiquement placés en quarantaine.

Sur le plan sanitaire, l’OMS insiste sur la reconnaissance précoce des cas suspects, leur isolement rapide et le respect des protocoles de prévention dans les établissements de santé. La prise en charge repose essentiellement sur des traitements symptomatiques, contre la fièvre et la douleur, et sur une assistance respiratoire si l’état du patient le requiert.

Par Hajar Kharroubi
Le 11/05/2026 à 15h39