Forsa: la détresse des bénéficiaires face aux poursuites judiciaires et aux risques de saisie

La ministre du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Economie sociale et solidaire, Fatim-Zahra Ammor, lors du lancement effectif du programme gouvernemental Forsa, le 12 avril 2022 à Rabat.

Ministre du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Economie sociale et solidaire du gouvernement Akhannouch, Fatim-Zahra Ammor préside au lancement du programme gouvernemental Forsa, le 12 avril 2022, à Rabat. . MAP

Revue de presseDevant la multiplication des difficultés financières et l’échec de nombreux projets entrepreneuriaux, un vent de panique souffle sur le programme Forsa initié par le gouvernement Akhannouch. De nombreux bénéficiaires font aujourd’hui l’objet d’injonctions de paiement et de menaces de saisie de leurs biens, exacerbant la colère des porteurs de projets qui dénoncent l’absence d’un accompagnement adéquat et réclament une intervention urgente des pouvoirs publics. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 26/10/2026 à 19h27

Du fait de la multiplication des difficultés économiques rencontrées par les porteurs de projets, une alerte sérieuse a été lancée. En effet, un nombre important de bénéficiaires du programme gouvernemental Forsa se retrouvent aujourd’hui dans une situation critique, ciblés par des injonctions et des procédures de recouvrement exécutoire. Ces actions judiciaires interviennent dans un contexte marqué par l’échec de nombreuses initiatives entrepreneuriales et l’incapacité manifeste des promoteurs à faire face à leurs engagements financiers, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce mardi 27 octobre.

Devant cette menace imminente de saisie sur leurs biens personnels et immobiliers, une coordination nationale représentant les lésés est montée au créneau. Elle exige une intervention gouvernementale urgente pour geler l’ensemble des poursuites judiciaires et écarter l’application de la contrainte par corps. Selon cette instance, la rigueur juridique déployée par les institutions partenaires ne tient aucun compte de la réalité économique et de la précarité dans laquelle pataugent ces jeunes entrepreneurs. La situation est encore plus alarmante pour les acteurs du tourisme et de l’artisanat traditionnel. Al Ahdath Al Maghribia fait part d’une vive préoccupation de ces professionnels, à cause de la dégradation des conditions de vie et de travail des participants, qui ne cherchent pas à se soustraire à leurs responsabilités financières, mais font face à des défaillances structurelles majeures en matière d’accompagnement et de suivi. Pour les représentants des plaignants, la responsabilité de cette crise incombe en grande partie à la tutelle ministérielle et aux entités de gestion.

Les structures d’accompagnement sur le terrain ont cruellement manqué d’efficacité, ce qui a directement conduit à l’effondrement prématuré de nombreux projets avant même qu’ils ne puissent atteindre leur autonomie financière. L’absence d’un encadrement adéquat et le dysfonctionnement des mécanismes d’appui initial ont laissé de jeunes porteurs d’idées de création d’entreprise seuls face aux banques. La coordination insiste donc sur la nécessité d’instaurer des solutions de compromis équitables qui prennent en considération la situation réelle des touchés, au lieu d’opter systématiquement pour des mesures de répression judiciaire, lit-on dans Al Ahdath Al Maghribia.

Par ailleurs, les concernés critiquent la responsabilité directe des instances de tutelle dans la mauvaise exécution du programme Forsa. L’échec des mécanismes d’orientation et de suivi de terrain a transformé une initiative porteuse d’espoirs en un véritable cauchemar juridique pour les bénéficiaires. Ces derniers se retrouvent aujourd’hui acculés, sans la moindre protection institutionnelle, confrontés aux exigences d’un remboursement immédiat de leurs échéances.

Par La Rédaction
Le 26/10/2026 à 19h27