Inflation: entre désinflation structurelle et choc des carburants, le défi persistant du pouvoir d’achat

Malgré une tendance annuelle qui distingue le Maroc par sa désinflation à l’échelle mondiale, les prix ont rebondi en août 2026 sous l’effet de la flambée des carburants et des produits frais.

Revue de presseMalgré une tendance annuelle favorable qui érige le Royaume en îlot de désinflation face au reste du monde, le mois d’août 2026 a été marqué par un rebond mensuel des prix, alimenté par la flambée des carburants et des produits frais. Cette évolution révèle de fortes disparités régionales. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Économiste.

Le 22/09/2026 à 20h56

Le mois d’août 2026 aura mis à l’épreuve le budget des ménages, dans un contexte économique pour le moins contrasté. «D’après la note d’information du Haut-Commissariat au Plan publiée le 22 septembre 2026, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 0,8 % sur un mois, tout en reculant légèrement de 0,3 % en glissement annuel. Cette apparente contradiction reflète, en réalité, de profondes disparités sectorielles et géographiques au sein de l’économie nationale», indique le quotidien L’Économiste dans son édition du mercredi 23 septembre.

Au centre des préoccupations des consommateurs, le panier alimentaire a confirmé sa nature paradoxale. Si la facture globale s’est allégée de 3,9% sur un an, offrant une bouffée d’oxygène bienvenue, les prix ont rebondi de 0,9% au mois d’août. Cette tension conjoncturelle s’explique par la hausse des prix des produits de la mer et des protéines : les indices des poissons, des fruits de mer, du lait, du fromage et des œufs ont grimpé de 2,8 %. Les viandes ont suivi, avec une augmentation de 2,2%, tandis que les légumes ont progressé de 1 %. Seule véritable éclaircie sur les étals: les prix des fruits ont reculé de 1,9%. Sur l’ensemble des huit premiers mois de l’année, les prix alimentaires conservent néanmoins une trajectoire orientée à la baisse, avec un repli de 1,7%, malgré la hausse annuelle de 3,8% enregistrée pour les boissons alcoolisées et le tabac.

Mais le véritable choc du mois est venu du secteur énergétique. Les prix des carburants ont bondi de 9,8% en un seul mois, entraînant dans leur sillage une hausse de 3,4% des prix du transport, qui affichent désormais une progression de 7,3% sur un an. Cette pression sur la mobilité contraste avec la stabilité observée dans d’autres postes budgétaires essentiels, tels que le logement, l’eau, l’électricité, la santé, les loisirs ou la communication, qui n’ont connu aucune variation mensuelle. «Du côté des services et de l’équipement, de légères hausses ont été relevées dans les restaurants, les hôtels, les biens divers et l’habillement. L’inflation sous-jacente reste particulièrement faible, à 0,1% sur un an», écrit L’Économiste.

Sur le plan géographique, la carte de l’inflation dessine des réalités locales très hétérogènes. En rythme mensuel, c’est à Al Hoceïma et à Agadir que le coût de la vie a connu la plus forte accélération, avec des hausses respectives de 1,6% et 1,4%, loin devant Casablanca et Kénitra, où la progression est restée contenue à 0,5%. Sur les huit premiers mois de l’année, des villes comme Guelmim et Tétouan concentrent les plus fortes hausses cumulées, tandis que Settat, Safi, Fès et Marrakech glissent vers la déflation.

Cette configuration singulière trouve en partie son origine dans la dynamique de l’appareil productif national. Selon l’indice de la production industrielle du deuxième trimestre 2026, la hausse de 5,7 % de la production des industries alimentaires a agi comme un rempart, contribuant à contenir les prix sur les marchés. «Néanmoins, la vulnérabilité énergétique reste un talon d’Achille. La production d’énergie électrique n’a progressé que de 1,9%, un rythme trop faible pour absorber le choc de la flambée des carburants. Le tissu industriel connaît, de surcroît, des évolutions contrastées, marquées par la robustesse de l’industrie automobile et de la métallurgie, face au repli des industries extractives et chimiques», précise L’Économiste.

À l’échelle internationale, cette trajectoire marocaine tranche avec un climat mondial sous tension. Le dernier rapport du Forum économique mondial, également publié le 22 septembre, érige le Royaume en îlot de désinflation au sein de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Alors que la majorité des économistes en chef redoutent une flambée généralisée des dépenses en raison de l’inflation alimentaire et énergétique, et que les revenus réels stagnent à l’étranger, le Maroc confirme sa capacité relative à amortir les chocs exogènes. Cette résilience macroéconomique rappelle toutefois, selon le HCP, la nécessité d’une veille permanente sur le pouvoir d’achat face aux incertitudes géopolitiques mondiales.

Par le360
Le 22/09/2026 à 20h56