Enfant forcé à boire de l’alcool: dix ans de prison ferme prononcés contre les accusés

Le marteau de la justice.

Ce lundi 15 juin, la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Benslimane a rendu son verdict dans le dossier de l’enfant forcé à consommer des boissons alcoolisées. Les trois accusés ont été condamnés à une peine globale de dix ans de prison ferme.

Le 15/06/2026 à 19h08

Dix ans de prison ferme au total: tel est le verdict rendu, ce lundi 15 juin, par la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Benslimane à l’encontre des trois individus poursuivis dans l’affaire de l’enfant contraint à consommer de l’alcool.

Tout commence à la fin du mois de mai 2026, lorsqu’une courte séquence vidéo circule massivement sur les réseaux sociaux. Les images montrent un jeune garçon, visiblement effrayé, forcé d’ingérer de l’alcool dans une ambiance de fête improvisée par des adultes en état d’ébriété. La scène, ponctuée de rires et de moqueries, met également en scène un adolescent de 17 ans qui filme la situation avec son téléphone portable, tout en dansant.

Face à l’indignation suscitée par ces images, la réaction des autorités a été immédiate. Dès la soirée du 28 mai, des directives fermes ont été transmises par le parquet compétent, ordonnant l’ouverture d’une enquête approfondie.

Les éléments du centre territorial de la Gendarmerie royale de Fdalat, rattaché à la brigade de Benslimane, ont alors mené des investigations de terrain accélérées. En exploitant les indices numériques et en identifiant formellement les protagonistes, les enquêteurs ont pu mettre fin à la cavale des suspects et les interpeller en un temps record.

Lors de l’audience, le tribunal a prononcé les peines en fonction de l’implication de chaque prévenu, aboutissant à une condamnation cumulée de dix ans de prison ferme. Le principal mis en cause, désigné par les initiales «A.A.», a été condamné à quatre ans de prison ferme. Les poursuites retenues contre lui sont lourdes: il a notamment dû répondre de «participation à l’atteinte volontaire à l’intégrité physique d’un mineur de moins de 15 ans par une personne ayant autorité sur lui» et de «non-assistance à personne en danger».

Le deuxième individu a écopé de trois ans et demi de prison ferme, tandis que le troisième a été condamné à trois ans de prison ferme. Le tribunal a également statué sur le volet civil, accueillant la requête de l’association «Touche pas à mon enfant», qui s’est vu accorder un dirham symbolique.

La portée de cette affaire a largement dépassé le cadre purement judiciaire, interpellant les instances de défense des droits humains au Maroc. Pour l’association «Touche pas à mon enfant», représentée par sa présidente Najat Anwar, cette affaire constitue une violation gravissime des droits fondamentaux de l’enfant.

L’organisation a fermement dénoncé la transformation de la souffrance physique et psychologique d’un mineur en contenu de divertissement numérique, plaidant pour une vigilance accrue face aux dérives sur les réseaux sociaux.

Dans le même esprit, le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) a exprimé une position claire par la voix de sa présidente, Amina Bouayach. L’institution a insisté sur l’impératif de mesures de protection immédiates, tant juridiques que psychologiques, pour la jeune victime. L’objectif, selon le Conseil, est d’éviter tout effet de répétition traumatique dû à la diffusion publique et persistante des images de l’agression.

Par La Rédaction
Le 15/06/2026 à 19h08