Diphtérie: 30 cas confirmés et 3 décès recensés, le ministère de la Santé assure que la situation est sous contrôle

Un lit d'hôpital. (Photo d'illustration)

Le Maroc compte 30 cas confirmés de diphtérie, notamment dans les régions de Casablanca-Settat et de Rabat-Salé-Kénitra. Trois décès ont été recensés. Jaouad Hammou, chef de la division des maladies transmissibles au ministère de la Santé, affirme pour Le360 qu’aucun foyer n’a été détecté.

Le 30/10/2026 à 12h15

Le Maroc compte 30 cas confirmés de diphtérie, notamment dans les régions de Casablanca-Settat et de Rabat-Salé-Kénitra. Trois décès ont été recensés. C’est ce que vient d’indiquer Jaouad Hammou, chef de la division des maladies transmissibles au ministère de la Santé, dans une déclaration pour Le360.

Soucieux de clarifier la situation face aux nombreuses rumeurs sur la maladie qui induisent le public en erreur, Jaouad Hammou a insisté sur la nécessité de bien distinguer les cas suspects des cas confirmés.

Un protocole conçu pour détecter le maximum de cas suspects

Le responsable reconnaît qu’il y a «pas mal de cas suspects». Il juge cela «tout à fait normal». Selon lui, c’est la conséquence du protocole strict mis en place par le ministère pour faire face à la situation. «Ce protocole est très sensible. Le moindre doute permet de prendre en charge un cas suspect au moment opportun. Le ministère veut ainsi maîtriser la situation et éviter toute propagation», assure-t-il.

Cette sensibilité tient aux définitions retenues dans le manuel de procédure de veille et de riposte. Ce document a été présenté lors du webinaire du 7 octobre. Il définit comme suspect tout patient présentant une atteinte des voies respiratoires supérieures avec une pseudomembrane adhérente. Une infection ORL associée à une altération marquée de l’état général, ou à des signes de complications, suffit aussi.

Jaouad Hammou a rappelé qu’un cas confirmé l’est uniquement par analyse biologique. Un cas suspect n’est donc pas un cas avéré. Le manuel encadre aussi le décompte des décès. Un décès n’est comptabilisé que chez un cas confirmé, lorsqu’il résulte d’une complication de la diphtérie et ne relève pas d’une autre cause.

«Aucun foyer détecté jusqu’à présent»

Selon le chef de la division des maladies transmissibles au ministère de la Santé, aucun foyer n’a été détecté. Il s’agit de «cas dispersés». D’après lui, la situation est sous contrôle, contrairement à ce qui circule.

Jaouad Hammou précise que cette situation était «attendue» et que le ministère s’y était préparé dès le début. «Trois décès ont malgré tout été recensés, malgré cette anticipation et la mobilisation de tout le personnel médical», a-t-il relevé. Il souligne une mobilisation tous azimuts réunissant le ministère de la Santé, le secteur privé, la médecine militaire et le comité scientifique mis en place.

Pour les cas contacts, le ministère opte pour la vaccination et pour des antibiotiques. L’objectif «est de les protéger au maximum et de minimiser tout risque».

Le webinaire organisé le 7 octobre par des médecins avait détaillé cette stratégie. Mouad Merabet, coordinateur du Centre national des opérations d’urgence de santé publique, avait classé les contacts en trois niveaux de risque, élevé, modéré et faible. La chimioprophylaxie, qui consiste à administrer des médicaments pour empêcher l’apparition ou le développement d’une infection chez une personne exposée ou à risque, est systématique pour les contacts à haut risque.

Elle dépend du contexte pour le risque modéré. Elle n’est pas prescrite pour le risque faible, afin d’éviter une consommation excessive des antibiotiques encore efficaces. Les données d’antibiorésistance montrent que la souche en circulation est résistante à la pénicilline G. La vaccination est fortement recommandée pour tous les contacts, y compris ceux à faible risque.

Mohamed Benazzouz, responsable du Programme national d’immunisation, avait précisé la règle vaccinale. Le seuil de protection après une dose passe de 10 à 5 ans en situation épidémique. Les doses antérieures valides sont comptabilisées et le schéma se poursuit sans reprise de dose. Trois vaccins contiennent la composante antidiphtérique, le pentavalent (protège simultanément contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’hépatite B et l’Hæmophilus influenzaede type b), le DTC (diphtérie, tétanos, coqueluche) et le TD. Les enfants de moins de 7 ans reçoivent un DTC, un pentavalent ou un hexavalent (vaccin combiné contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite, l’Haemophilus influenzaetype b et l’hépatite b). Les enfants de 7 ans et plus et les adultes reçoivent un TD.

Ce que prévoit le dispositif de veille

Le manuel fixe aussi la conduite à tenir devant un cas suspect. Le clinicien isole le patient et lui fait porter un masque chirurgical. Il signale le cas sans délai aux unités de veille de la province, y compris par téléphone.

L’équipe d’intervention rapide valide ensuite le cas et le déclare au service national de surveillance épidémiologique, qui lui attribue un code de suivi. À ce stade, tout cas suspect validé est hospitalisé. La prise en charge n’attend pas les résultats du laboratoire.

Le ministère de l’Éducation nationale a annoncé de son côté une circulaire élaborée avec la Santé. Elle prévoit un renforcement de la surveillance dans les établissements, la vérification de la situation vaccinale et, sur indication des autorités sanitaires, l’éviction temporaire des élèves concernés.

Par Hajar Kharroubi
Le 30/10/2026 à 12h15