L’entrée principale de Tanger, du côté de la route de Rabat et plus précisément dans la zone d’Achraka relevant de la commune de Hjar Nahl, commence à subir les abus d’un mitage immobilier illégal et spectaculaire. Ici, les constructions anarchiques surgissent avec une vigueur déconcertante, défiant les autorités qui, pourtant, multiplient les mises en garde contre toute édification non conforme.
Selon des sources informées, une étude menée par les services techniques en vue d’aménager des ronds-points dans plusieurs communes rurales, dont Achraka en tête, a révélé une lacune fondamentale. La zone n’est couverte par aucun document d’urbanisme —ni plan d’aménagement, ni schéma directeur— qui permettrait de tracer des voies, d’agencer des boulevards ou de concevoir des carrefours giratoires, rapporte Al Akhbar de ce vendredi 28 août.
Cette carence réglementaire a fait de ce secteur un terrain de prédilection pour les lobbies de la promotion immobilière, qui, dans l’ombre, ont procédé au morcellement clandestin des parcelles avant de les céder à des acquéreurs, issus pour la plupart de la région ou d’ailleurs. Il en résulte une défiguration urbanistique d’autant plus flagrante que la zone surplombe la prestigieuse cité Mohammed VI Tanger Tech, façade économique et technologique de la métropole.
Les mêmes sources soulignent que les autorités compétentes font la sourde oreille aux rapports alertant sur l’urgence de recourir à la reconnaissance aérienne mensuelle pour traquer les constructions illégales. Un tel outil, pourtant, présenterait un double avantage : il contraindrait les agents et auxiliaires de l’autorité à rendre des comptes sur chaque nouvelle édification, qu’elle soit autorisée ou non, et il instaurerait un contrôle continu, exigeant des explications précises à chaque relevé. Les agents se trouvaient ainsi placés devant un véritable test de rigueur dans la surveillance du bâti illégal et la répression des infractions urbanistiques.
Cependant, ces propositions, jugées pourtant efficaces pour endiguer le phénomène, ont été systématiquement ignorées par les services concernés, écrit Al Akhbar. La construction anarchique est devenue le principal défi auquel se heurtent les services du ministère de l’Intérieur à Tanger, d’autant que la zone qui frôle désormais l’espace urbain, connaît une expansion accélérée et abrite des plateformes d’investissement stratégiques.



