Compléments alimentaires: vers la fin de l’anarchie

Caducée des pharmaciens, sur une enseigne lumineuse.

Revue de presseUn projet de décret visant à réserver la vente des compléments alimentaires aux seules pharmacies s’apprête à encadrer un marché en roue libre. Face à la prolifération de produits non contrôlés et aux risques sanitaires majeurs qu’ils entraînent pour les consommateurs, les autorités et les professionnels de santé s’unissent pour instaurer un contrôle rigoureux et mettre fin à l’anarchie commerciale. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 06/08/2026 à 19h20

Un vent d’optimisme souffle sur le secteur de la médecine et de la pharmacie au Maroc à la suite de l’élaboration d’un projet de décret ambitieux visant à encadrer strictement la vente et la dispensation des compléments alimentaires. Ce texte réglementaire prévoit notamment d’établir une liste officielle de produits dont la distribution sera désormais réservée exclusivement aux officines pharmaceutiques. Cette initiative répond à une attente forte des professionnels du secteur, désireux de mettre un terme à l’anarchie commerciale qui prévaut jusqu’ici et de circonscrire les dangers majeurs liés à une consommation incontrôlée, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce vendredi 7 août.

Depuis plusieurs années, la commercialisation dérégulée de ces substances alimente d’intenses débats au sein du corps médical. Attirés par une communication séduisante autour de produits présentés comme d’origine naturelle, de nombreux consommateurs cèdent aux promesses véhiculées sur les réseaux sociaux, dans les boutiques de cosmétiques ou au sein de points de vente non spécialisés, en dehors de tout contrôle médical ou pharmaceutique. La confusion grandissante quant à la nature exacte de ces produits, situés à la frontière entre le médicament et l’aliment, conduit trop souvent les usagers à banaliser leur consommation et à ignorer les risques réels qu’ils encourent.

Les spécialistes soulignent à ce titre que les compléments alimentaires ne sauraient être traités comme des marchandises ordinaires. Leur usage inapproprié, un surdosage ou une association malencontreuse avec d’autres traitements peuvent provoquer des effets indésirables sévères, compromettre l’efficacité de médications en cours ou altérer la santé d’utilisateurs fragilisés. Le risque s’avère particulièrement élevé pour les personnes atteintes de maladies chroniques, telles que l’insuffisance rénale, ainsi que pour les femmes enceintes. En réservant la dispensation de ces produits au réseau des pharmacies, le futur décret entend réhabiliter le rôle de conseil de proximité de l’officine et s’appuyer sur l’expertise du pharmacien pour déceler les contre-indications et adapter les posologies aux contraintes individuelles, lit-on dans Al Ahdath Al Maghribia.

Comme le rappelle le docteur pharmacien Abdelrahim Derradji, ce projet de loi marque une étape clé pour réinvestir le pharmacien dans sa mission fondamentale de protection de la santé publique. Les demandes quotidiennes enregistrées en officine pour des apports en vitamine D, en fer ou pour des produits amincissants illustrent la nécessité d’un encadrement rigoureux. Seul un professionnel de santé qualifié est en mesure d’évaluer si ces sollicitations répondent à un besoin réel ou s’il s’agit de démarches potentiellement nocives pour le patient.

Ce renforcement réglementaire fait directement écho aux avertissements émis par l’Agence Marocaine du Médicament et des Produits de Santé, qui a maintes fois tiré la sonnette d’alarme face au foisonnement de produits non autorisés et dispensés sur internet sous couvert de vertus thérapeutiques trompeuses. L’adoption officielle de ce texte permettra de porter un coup d’arrêt au marché parallèle, d’assainir le paysage publicitaire et de garantir aux citoyens l’accès à des suppléments rigoureusement contrôlés, traçables et conformes aux exigences de sécurité sanitaire.

Par La Rédaction
Le 06/08/2026 à 19h20