La justice casablancaise a ordonné, ce week-end, le placement en détention préventive à la prison locale d’Oukacha de la principale suspecte, à la tête d’un réseau criminel spécialisé dans la prostitution et l’exploitation sexuelle. «Cette décision fait suite à une vaste opération de démantèlement menée par les services de la Sûreté nationale du district d’Anfa, qui ont perquisitionné un salon de massage et de soins corporels servant de façade à des activités illicites», rapporte le quotidien Assabah dans son édition du lundi 26 octobre.
L’intervention des forces de l’ordre s’est soldée par l’arrestation de la gérante des lieux, de son partenaire de nationalité chinoise ainsi que de six employées et masseuses. Les investigations préliminaires ont révélé que le salon fonctionnait comme un réseau bien structuré, proposant à une clientèle masculine des services sexuels tarifés selon la nature et la durée des prestations demandées.
Selon des sources concordantes proches de l’enquête, le salon de massage servait de couverture à l’exploitation de jeunes femmes et de femmes d’origine chinoise. Ces dernières étaient recrutées et contraintes de fournir des prestations sexuelles dans le cadre d’un système qui générait des profits considérables en exploitant leur vulnérabilité et en portant atteinte à leur dignité.
Le procureur du Roi près le tribunal de première instance d’Aïn Sebaâ a engagé des poursuites contre la principale suspecte, en état de détention, pour des chefs d’accusation graves, dont la traite des êtres humains. «Dans le même temps, son complice et les employées ont été déférés devant la justice, certains bénéficiant d’une liberté provisoire assortie d’une caution financière, afin que les responsabilités individuelles soient déterminées dans cette affaire», souligne Assabah.
Les services de police poursuivent leurs investigations approfondies sous la supervision du parquet compétent pour identifier d’éventuels prolongements de ce réseau criminel. Les perquisitions et les interrogatoires visent à déceler d’autres complicités et à cerner l’ensemble des ramifications de cette organisation, qui utilisait la couverture légale d’un commerce de bien-être pour opérer en marge de la loi.
Cette affaire relance le débat sur la prolifération de certains centres de soins et salons de massage clandestins qui détournent leur objet commercial initial pour devenir des lieux de proxénétisme et d’exploitation humaine. Les autorités locales renforcent ainsi leur vigilance et multiplient les descentes ciblées pour éradiquer ces foyers d’activités illégales et protéger les personnes vulnérables contre toute forme d’abus.




