Baccalauréat 2026: un dispositif électronique renforcé pour traquer les téléphones en salle d’examen

Le ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Mohammed Saad Berrada, lors de la séance des questions orales tenue ce lundi 11 mai au Parlement. (Capture d'écran)

Lors de la séance des questions orales tenue ce lundi au Parlement, Mohammed Saad Berrada a dévoilé le dispositif anti-triche du Bac 2026. Le ministre de l’Éducation nationale a notamment détaillé l’usage de boîtiers mobiles chargés de détecter les téléphones table par table, ainsi que l’intervention de l’Intelligence artificielle lors de la correction. Les éléments.

Le 12/05/2026 à 07h27

Interpellé lors de la séance des questions orales tenue ce lundi 11 mai au Parlement, le ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Mohammed Saad Berrada, a exposé le dispositif logistique et technologique exceptionnel mobilisé pour le baccalauréat 2026.

Cette session est marquée par une hausse de 10,7% du nombre de candidats, atteignant un total de 520.000 élèves, dont 100.000 candidats libres. Pour encadrer les épreuves prévues les 4, 5 et 6 juin, le ministère déploie 150.000 enseignants au sein de 2.007 centres d’examen et 26.000 salles, avec l’objectif de proclamer les résultats dès le 17 juin.

Le pilier central de cette organisation repose sur la distribution de 2.000 nouveaux appareils électroniques, soit un boîtier par établissement scolaire. Ce matériel est le fruit d’une «réflexion qui a démarré il y a quelques années» et constitue une innovation technologique.

Comme le précise le ministre, «il s’agit d’un produit inventé par des Marocains, conçu aussi par les Marocains et actuellement en fabrication par les Marocains». Sur le terrain, ces boîtiers ne resteront pas statiques: les équipes de surveillance passeront dans chaque classe avec l’appareil pour scanner l’environnement et, si une onde suspecte est détectée, le dispositif permettra de remonter jusqu’à la source en passant devant chaque table pour vérifier si un téléphone est «branché» ou dissimulé.

Le principe est d’«essayer d’analyser les signaux sans émettre aucun signal», évitant ainsi le recours au brouillage qui pourrait perturber les communications d’urgence. Cette technologie permet de récupérer le signal et d’identifier les communications.

Le ministre a tenu à souligner que l’appareil ne cherche pas à lire le contenu des échanges, mais que sa précision permet de «détecter la source du signal» à l’intérieur même du centre d’examen, renforçant ainsi les dispositifs de contrôle sans porter atteinte au contenu des communications.

Cette sécurisation par les ondes est complétée par l’usage d’un «Code QR» unique pour chaque candidat, rendant les copies traçables et limitant les risques de fuites sur les réseaux sociaux.

L’Intelligence artificielle (IA) intervient également pour renforcer la fiabilité de l’évaluation, notamment durant la phase critique de la correction. Le processus devient ainsi double: la copie est d’abord corrigée manuellement par le professeur, puis soumise à une vérification par l’IA. Cette intervention numérique cible spécifiquement l’addition des points afin d’éliminer toute erreur matérielle de calcul et de garantir une plus grande équité dans la notation, dans le but d’éviter toute forme d’injustice.

Selon le ministre, cette année est annoncée comme un baccalauréat sans triche à 100%, grâce au renforcement des dispositifs de contrôle et à l’intégration de ces outils technologiques, avec pour ambition de garantir une évaluation rigoureuse, transparente et irréprochable pour tous les candidats.

Par Najwa Targhi
Le 12/05/2026 à 07h27