Une dynamique contestataire inédite a vu le jour au sein de l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM), le syndicat de l’Istiqlal, avec la création officielle d’une coordination nationale dédiée à la défense des cadres assistants. «Cette initiative traduit une volonté affirmée de corriger la trajectoire organisationnelle du syndicat, de remédier aux dysfonctionnements internes et de restaurer le rôle de l’action syndicale sur des bases solides de responsabilité et de transparence», rapporte le quotidien Assabah dans son édition du lundi 26 octobre.
Les participants à la réunion de concertation organisée à Rabat ont exprimé de vives inquiétudes face à la persistance d’une situation de fragmentation et d’affaiblissement au sein des structures régionales et provinciales. Ils estiment que cette dispersion nuit gravement à la performance de l’organisation et entrave sa capacité à porter les revendications légitimes de cette catégorie professionnelle.
La contestation repose également sur le constat d’une gestion unilatérale de la part du bureau national sortant, caractérisée par l’absence d’une approche participative, le mépris des mécanismes de gestion collective et la marginalisation délibérée du rôle des militants au niveau local. «Les signataires dénoncent ainsi la prise de décisions en dehors de tout cadre de concertation», souligne Assabah.
Face à ce qu’ils qualifient de vide juridique et représentatif, les membres de la coordination exigent la suspension immédiate des réunions de communication et des sessions de dialogue social menées par le bureau sortant. Selon les contestataires, ce bureau a perdu sa légitimité depuis la tenue du congrès national à Bouznika en 2024, sans qu’un nouveau congrès soit venu renouveler les instances dirigeantes conformément aux dispositions réglementaires et légales.
La motion adoptée appelle la direction générale de l’UGTM à intervenir d’urgence pour mettre un terme au blocage institutionnel et convoquer un congrès national extraordinaire. Ce conclave devrait se tenir dans un cadre juridique transparent garantissant la participation démocratique de tous les militants. La motion exige également une reddition des comptes sur les plans moral et financier, à travers la présentation des rapports requis.
Les initiateurs de ce mouvement correctif ont exhorté le ministre de tutelle et les partenaires institutionnels à réévaluer leurs interlocuteurs au sein du secteur concerné. Ils réclament une restructuration globale des bureaux régionaux et provinciaux, la réhabilitation des canaux de communication avec la base ainsi que la réinscription du dossier des cadres assistants au cœur du dialogue social, avec des délais clairs pour traiter l’ensemble des dossiers en suspens.




