Tanger: 46 millions de dirhams engloutis, les services peinent à suivre

Le Conseil de la ville de Tanger.

Revue de presseEntre 2023 et 2026, le budget alloué à la gestion des services communaux de Tanger n’a cessé de croître, passant de 31,6 à près de 46 millions de dirhams. Une augmentation continue qui contraste avec la détérioration de la qualité des prestations offertes aux citoyens, et qui s’explique principalement par les coûts de fonctionnement courant, d’entretien, de consommation énergétique et de modernisation des équipements. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 13/05/2026 à 18h03

Des documents officiels attestent d’une hausse constante des dépenses liées à la gestion des services communaux de Tanger, le budget alloué à ce poste ayant atteint près de 46 millions de dirhams. Cet indicateur révèle l’augmentation soutenue des coûts de fonctionnement et d’entretien des services publics dans la ville, tandis que la qualité des prestations fournies par la commune tend, elle, à se dégrader. Ce poste budgétaire suit en effet une courbe ascendante ininterrompue depuis plusieurs années: après s’être établi à 31,6 millions de dirhams en 2023, il est passé à 43,2 millions en 2024, puis à 45 millions en 2025, avant d’être inscrit à hauteur de 46 millions pour l’exercice 2026, rapporte Al Akhbar de ce jeudi 14 mai. Ces dépenses ne concernent aucun projet d’investissement nouveau car elles couvrent essentiellement les frais quotidiens de fonctionnement des services communaux, ainsi que l’entretien de leurs installations et équipements.

Les sommes mobilisées sont notamment destinées à la restauration des bâtiments et aux interventions techniques. L’éclairage public y occupe une part prépondérante, en raison de l’augmentation de la consommation électrique et de l’extension du réseau dans la ville, particulièrement dans les nouveaux quartiers et dans le cadre des projets liés au programme «Grand Tanger». S’y ajoutent les coûts d’entretien des réseaux et des équipements techniques. À cela, s’ajoutent les frais de gestion du parc automobile et des engins de la commune: carburants, entretien périodique, assurances des camions et du matériel utilisé par les services communaux. Les crédits alloués à cette rubrique pour 2026 incluent également les dépenses d’entretien des espaces verts et des places publiques: arrosage, taille et préservation des jardins et parcs répartis dans les différents quartiers de la ville.

Les données disponibles montrent que le glissement d’une année sur l’autre —de 45 à 46 millions de dirhams— vise à couvrir l’écart entre les prévisions et les dépenses réellement engagées. Les chiffres de 2024 ont en effet démontré que la commune avait déjà dépassé les 43 millions de dirhams en l’espace de huit mois seulement, écrit Al Akhbar. De son côté, le conseil communal a justifié ces montants budgétisés par l’accroissement de la consommation énergétique dans les services municipaux, la hausse des coûts d’entretien des équipements modernes acquis ces dernières années, ainsi que par les contrats d’entretien technique des structures, des infrastructures et des nouveaux équipements.

Par Hassan Benadad
Le 13/05/2026 à 18h03