C’est un véritable scandale qui éclabousse le gouvernement d’Akhannouch & Co. Pendant que les citoyens peinent à joindre les deux bouts, des milliards de dirhams s’évaporent dans un dispositif opaque censé soutenir les importateurs de bovins et d’ovins. Nabil Benabdallah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), met à nu cette réalité accablante: 13,3 MMDH ont été jetés par la fenêtre au profit de 277 importateurs, sans la moindre retombée pour les Marocains.
Armé de chiffres tirés d’un document officiel du ministère des Finances, Nabil Benabdallah ne mâche pas ses mots. Ces données, exigées par son parti en octobre 2024 lors du débat sur le projet de loi de finances 2025, dévoilent l’ampleur du fiasco. Mais loin de clarifier la situation, le gouvernement s’enferme dans un mutisme coupable, laissant planer le spectre d’un favoritisme éhonté et d’une dilapidation des fonds publics.
Les chiffres brandis par le leader du PPS sont une gifle pour les contribuables. Pour les bovins, le gouvernement a renoncé à 7,3 MMDH de droits d’importation entre le 21 octobre 2022 et le 31 décembre 2024, pour seulement 120.000 têtes, et a englouti 744 millions en TVA entre le 3 février 2023 et le 22 octobre 2024, sachant que le nombre de bénéficiaires de ces exonérations s’est chiffré à 133 importateurs, entre le 21 octobre 2022 et le 22 octobre 2024.
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Du côté des ovins, le tableau est tout aussi révoltant. Entre février 2023 et le 18 octobre 2024, 3,86 MMDH de droits d’importation ont été sacrifiés, auxquels s’ajoutent 1,16 MMDH de TVA envolés, sans le moindre impact sur le marché. Et l’hécatombe ne s’est pas arrêtée là. Du 19 octobre au 31 décembre 2024, l’équipe Akhannouch & Co a persisté dans cette politique désastreuse, brûlant encore 15,7 millions de dirhams en exonérations douanières et 1,6 million en TVA.
En tout, 144 importateurs ont bénéficié de cette manne entre le 10 février 2023 et le 22 octobre 2024. Et comme si cela ne suffisait pas, l’Exécutif en a rajouté une couche à l’occasion de l’Aïd al-Adha 2024: une subvention forfaitaire de 500 dirhams par tête pour 474.312 ovins importés, soit un bonus de 237 millions de dirhams qui n’a ni soulagé les ménages ni apaisé les prix. Total: 13,3 MMDH partis en fumée.
Et pour quel résultat? «Absolument rien!», s’insurge Benabdallah. Les prix des viandes n’ont pas bougé d’un iota, laissant les Marocains face à une inflation galopante tandis que quelques privilégiés s’en mettent plein les poches. Pire encore, le gouvernement se retranche derrière un silence méprisant, refusant de rendre des comptes sur cette hémorragie financière.
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