Le gouvernement a officiellement annoncé le report de la réforme des retraites, renvoyant à l’exécutif issu des prochaines élections la charge de trancher ce dossier sensible. Cette décision, intervenue après plusieurs mois de dialogues et de concertations avec les partenaires sociaux, traduit la complexité d’un chantier parmi les plus clivants du paysage social et budgétaire national.
Intervenant lors d’une séance de questions orales à la Chambre des conseillers, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a clairement indiqué que «l’actuel gouvernement ne saurait arrêter une position définitive avant la fin de la législature», relaie Al Akhbar de ce week end (20 et 21 juin). Elle a précisé que la commission technique dédiée à la refonte des systèmes de retraite avait tenu, lundi dernier, sa dernière réunion dans le cadre des consultations toujours en cours avec les syndicats.
La ministre a attribué la lenteur des avancées à «la sensibilité du sujet et à la multiplicité de ses ramifications sociales, économiques et financières, sans oublier une nette divergence de vues entre les parties prenantes». Elle a insisté sur le fait qu’une telle réforme ne saurait se réduire à une décision purement technique ou gouvernementale: «Il s’agit d’une question de société, exigeant un large consensus entre l’ensemble des acteurs concernés».
Cette annonce intervient dans un climat marqué par l’accumulation d’alertes sur la soutenabilité financière de plusieurs caisses de retraite. Des rapports officiels, publiés par le passé par des instances de contrôle et des experts indépendants, ont déjà mis en garde contre les déséquilibres démographiques et financiers de ces systèmes, aggravés par le nombre croissant de pensionnés par rapport aux cotisants actifs.
Tout au long des débats, les organisations syndicales n’ont cessé d’exprimer leurs craintes face à d’éventuelles mesures impopulaires – relèvement de l’âge de départ, augmentation des prélèvements et révision des modalités de calcul des pensions. Ils réclament que toute réforme préserve les droits acquis des salariés comme des retraités, tout en tenant compte des situations fragiles des classes moyennes et modestes, écrit Al Akhbar.
À l’inverse, des spécialistes des finances publiques jugent que chaque report alourdit le coût futur de la réforme et réduit la marge de manœuvre des décideurs, surtout si les déficits constatés dans certains régimes venaient à se creuser. Il est d’ores et déjà acquis que le dossier des retraites figurera parmi les principaux enjeux du prochain gouvernement, tant il engage à la fois l’équilibre des comptes publics et la cohésion sociale du pays.




