Le dossier des retraites relégué à la prochaine législature

Nadia Fettah Alaoui, ministre de l'Économie et des finances, lors d'une séance plénière consacrée à la présentation du PLF 2023.

Nadia Fettah Alaoui, ministre de l'Économie et des Finances.

Revue de presseMalgré l’urgence de la réforme des régimes de retraite et un déficit technique attendu de 7,8 milliards de dirhams pour la Caisse marocaine des retraites, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, a acté la fin des travaux de la commission technique sans parvenir à un accord. Faute de consensus avec les partenaires sociaux et face à la complexité politique du dossier, le gouvernement sortant renvoie officiellement ce chantier structurel et l’évaluation de son offre financière à la prochaine équipe exécutive. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 17/06/2026 à 19h05

Comme pressenti par les observateurs de la scène politique et économique, le gouvernement a officiellement clos le dossier de la réforme des retraites, transmettant ainsi un héritage particulièrement lourd et complexe à la prochaine équipe exécutive. «Intervenant lors de la séance des questions orales à la Chambre des conseillers, la ministre de l’Économie, des Finances et de la Réforme de l’administration, Nadia Fettah Alaoui, a acté la fin des travaux de la commission technique chargée de ce grand chantier national, tout en concédant que le rythme des réformes demeurait excessivement lent face à l’urgence de la situation», indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du jeudi 18 juin.

La ministre a formellement reconnu que l’exécutif actuel ne serait pas en mesure de résoudre cette crise structurelle avant la fin de son mandat législatif. Selon elle, la sensibilité extrême de ce dossier, qui implique de manière transversale la société civile, le gouvernement et l’institution parlementaire, impose la recherche d’un consensus global et partagé. Elle a toutefois insisté sur le fait que la situation financière des différentes caisses menaçait l’équilibre social de l’ensemble des citoyens marocains, rappelant devant la Chambre des représentants que l’avenir des pensions de vieillesse ne devait en aucun cas faire l’objet de surenchères ou de calculs politiques.

«Rompant de manière notable avec ses déclarations antérieures, qui se voulaient rassurantes quant à la pérennité des pensions, la responsable gouvernementale a fait preuve d’un réalisme pragmatique en confirmant le gel temporaire du dossier par la commission technique dans l’attente de la prochaine législature», note Al Ahdath Al Maghribia.

Ce revirement fait écho aux doutes qu’elle avait elle-même semés quant à la volonté réelle des partenaires sociaux d’aboutir à un accord. Bien qu’elle ait affirmé que le gouvernement travaillait avec le plus grand sérieux pour appliquer les directives royales et honorer ses engagements contractuels, elle s’était publiquement interrogée sur la capacité collective des acteurs à mener ce chantier à son terme, malgré l’existence d’une offre gouvernementale concrète prête à être soumise aux syndicats après consultation du Parlement.

Sur le plan financier, les prévisions demeurent alarmantes et valident les inquiétudes des spécialistes de la protection sociale. Nadia Fettah Alaoui a elle-même qualifié la trajectoire actuelle de préoccupante, insistant sur le fait que le temps de l’attente était désormais révolu et qu’un traitement rapide s’imposait pour éviter la banqueroute des régimes.

Bien que des disparités majeures existent entre les différents fonds, les indicateurs pointent vers un gouffre financier imminent, avec un déficit technique de la Caisse marocaine des retraites estimé à 7,8 milliards de dirhams. Malgré l’accumulation d’études techniques poussées menées par les experts des fonds et l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale, la suspension des travaux de la haute commission du dialogue social bloque, pour l’instant, toute issue viable, laissant planer une incertitude totale quant aux intentions réelles des partenaires sociaux de s’engager dans une réforme de grande envergure.

Par La Rédaction
Le 17/06/2026 à 19h05