Le gouvernement a réuni, dans le cadre de la session d’avril 2026 du dialogue social, les centrales syndicales les plus représentatives, la Confédération des entreprises ainsi que les organisations professionnelles agricoles, lors d’une série de rencontres présidées par le chef du gouvernement Aziz Akhannouch.
Placée sous le signe de l’institutionnalisation du dialogue social, ces réunions ont permis de dresser un bilan détaillé des engagements pris et des réalisations enregistrées depuis le début du mandat, indique un communiqué du département du chef de gouvernement.
L’exécutif met en avant un ensemble de mesures ayant permis, selon lui, d’améliorer sensiblement les revenus et le pouvoir d’achat.
Dans le secteur public, une augmentation générale de 1.000 dirhams nets mensuels a été accordée en deux tranches aux fonctionnaires de l’administration, des collectivités territoriales et des établissements publics. À cela s’ajoutent la revalorisation des allocations familiales, l’amélioration des quotas de promotion et la hausse du salaire minimum dans le public. Le coût annuel de ces mesures dépasse 14,8 milliards de dirhams.
Par ailleurs, le dialogue social sectoriel a permis d’importantes revalorisations. Le secteur de l’éducation nationale a mobilisé plus de 18,47 milliards de dirhams, la santé environ 4 milliards et l’enseignement supérieur près de 2 milliards de dirhams.
Ces efforts ont porté le salaire moyen net dans le public de 8.237 dirhams en 2021 à 10.600 dirhams en 2025, soit une progression de près de 29 %. Le salaire minimum net y est passé de 3.258 à 4.500 dirhams. Au total, le coût global des mesures atteindra 48,3 milliards de dirhams en 2026, et devrait grimper à 49,7 milliards en 2027.
Dans le secteur privé, le Salaire minimum interprofessionnel garanti dans les activités non agricoles a été relevé de 20%, passant de 2.828,71 dirhams à 3.422,72 dirhams nets mensuels à partir de janvier 2026.
Le Salaire minimum agricole garanti a, quant à lui, progressé de 25%, atteignant 2.533,44 dirhams nets mensuels à partir d’avril 2026.
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Sur le volet de la protection sociale, plusieurs avancées ont été mises en avant. La réduction du seuil de cotisation de 3.240 à 1.320 jours a permis à de nouveaux assurés de bénéficier d’une pension de vieillesse, avec effet rétroactif à compter du 1er janvier 2023.
Les assurés n’atteignant pas ce seuil, ou leurs ayants droit en cas de décès, peuvent désormais récupérer la part patronale de leurs cotisations, en plus de la part salariale.
En parallèle, la révision de l’impôt sur le revenu, pour un coût supérieur à 7,6 milliards de dirhams, a permis une amélioration moyenne des revenus de plus de 400 dirhams pour différentes catégories de travailleurs.
Réforme des retraites: une approche progressive
Conformément à l’accord du 29 avril 2024, les travaux de la commission nationale chargée de la réforme des régimes de retraite se poursuivent. Une commission technique a déjà engagé un diagnostic de la situation financière des différents régimes, ainsi que l’élaboration d’une méthodologie de travail en vue d’une réforme globale.
C’est dans ce cadre que le gouvernement a annoncé l’ouverture d’un débat global et pointu sur les retraités percevant des pensions inférieures au seuil minimal de salaire.
Cette catégorie, particulièrement exposée à la précarité, fera l’objet d’une réflexion approfondie avec les partenaires sociaux et économiques. Cette annonce constitue l’un des principaux enseignements de cette session, en ce qu’elle introduit explicitement la question des petites retraites dans l’agenda des réformes.
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Le gouvernement s’est également engagé à accélérer le traitement des revendications catégorielles, notamment celles des ingénieurs, des administrateurs et des techniciens, en vue d’améliorer leurs conditions de travail avant la fin du mandat.
Il a aussi été convenu d’amender le Code du travail afin de réduire la durée quotidienne de travail des agents de gardiennage de 12 à 8 heures, avec une entrée en vigueur prévue en 2027.
Par ailleurs, une nouvelle structure sera mise en place pour assurer la gestion de la formation professionnelle continue dans le secteur privé, dans l’objectif d’en améliorer la gouvernance et les mécanismes de gestion.




