SMIG: le dialogue social s’ouvre sous le signe de la rigueur pour la CGEM

Siège de la CGEM à Casablanca

Le Siège de la CGEM à Casablanca.

Revue de presseAlors que s’ouvre ce vendredi 17 avril un nouveau round de négociations entre patronat et syndicats, la question du salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) cristallise les divergences. La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a d’emblée exclu toute augmentation, invoquant un contexte économique fragile et un bilan déjà «historique» sous la présidence de Chakib Alj. Une position qui promet des débats houleux. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 16/04/2026 à 19h27

À l’aube d’un nouveau round de négociations sociales ce vendredi 17 avril, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a planté le décor sans équivoque: aucune augmentation du salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) ne sera envisagée. «Une position ferme, annoncée par son président sortant, Chakib Alj, lors de sa dernière conférence de presse le 15 avril, qui résonne comme un avertissement avant même l’ouverture des discussions», indique le quotidien L’Economiste dans son édition du vendredi 17 avril.

Alj justifie cette intransigeance par deux arguments majeurs. D’abord, un bilan qu’il juge positif: sous sa présidence, le Smig a progressé de 30% en six ans, un record selon lui. Ensuite, un contexte économique particulièrement tendu. Entre les séquelles de la pandémie de Covid-19, les répercussions de la guerre en Ukraine et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, «ce n’est vraiment pas le moment», a-t-il estimé. Des propos qui reflètent une prudence patronale face à un environnement incertain, où les marges de manœuvre des entreprises semblent plus que jamais réduites.

«C’est Hicham Zouanat, président de la commission sociale de la CGEM, qui a détaillé la feuille de route patronale pour ce nouveau round de négociations», rapporte L’Economiste. Trois priorités ont été mises en avant, dans un ordre qui en dit long sur les préoccupations du patronat. En tête de liste: la réforme de la formation professionnelle continue. Un dossier emblématique, bloqué depuis plus de vingt-cinq ans, et dont l’amendement est désormais imminent. Le texte, aligné avec les attentes du ministère de tutelle, doit être présenté prochainement en Conseil de gouvernement. «C’est un système dans lequel toutes les entreprises cotisent et seulement 1% en bénéficient», avait souligné Chakib Alj, illustrant l’inefficacité d’un dispositif à bout de souffle.

La deuxième priorité concerne les décrets d’application de la loi organique sur le droit de grève, promulguée après soixante ans d’attente. Deux textes sont en discussion : l’un porte sur le comité de grève, l’autre sur le service minimum. La CGEM souhaite «accélérer au moins le premier», sans pour autant préciser les modalités de cette accélération. Enfin, le troisième sujet abordé est le code du travail, pour lequel la confédération prône une «approche minimaliste». Plutôt qu’une refonte complète du texte de 2004, la CGEM propose des ajustements ciblés sur une douzaine d’articles, visant à rééquilibrer une relation employeur-salarié jugée déséquilibrée.

En filigrane de ces discussions, un quatrième dossier émerge, note L’Economiste : la réforme des retraites. Bien que moins prioritaire pour l’instant, son diagnostic technique est presque achevé, caisse par caisse, et une proposition gouvernementale est attendue pour lancer la phase de concertation. Un chantier complexe, qui s’annonce comme l’un des grands défis des prochaines années.

Au-delà de l’agenda social, la conférence de presse du 15 avril a surtout mis en lumière une préoccupation devenue centrale pour les entreprises : la pression sur la trésorerie. Chakib Alj a été clair dès son discours d’ouverture. Entre la hausse des coûts des matières premières, l’allongement des délais logistiques et la répétition des chocs externes, les besoins en fonds de roulement ont explosé. Mehdi Tazi, vice-président général de la CGEM, a précisé ce diagnostic. Selon lui, les besoins de financement se concentrent désormais sur le besoin en fonds de roulement (BFR) plutôt que sur l’investissement. Pour y répondre, de nouveaux mécanismes de garantie sont nécessaires afin d’orienter les financements bancaires vers ce poste. Tamwilcom, l’organisme public de garantie, est identifié comme un levier naturel pour accompagner cette transition.

Ces déclarations interviennent à moins d’un mois de l’assemblée générale élective de la CGEM, prévue le 14 mai. Le conseil d’administration du 15 avril a validé les candidatures de Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri pour la présidence du mandat 2026-2029. À la veille de cette échéance, Chakib Alj quitte la tête de la confédération avec le sentiment d’avoir «largement avancé les choses». Pourtant, «la liste des chantiers ouverts qu’il laisse à ses successeurs en dit long sur les défis qui attendent le patronat», note L’Economiste.

Par La Rédaction
Le 16/04/2026 à 19h27