Les tensions politiques qui secouent l’arrondissement de Hassan, l’un des plus importants de Rabat, ont empêché la tenue de la session ordinaire du conseil prévue ce jeudi. Au cœur de la controverse: la légalité même de la réunion et la situation juridique de son président, Driss Razi.
Les élus opposés à la tenue de cette session, notamment ceux du Parti de la justice et du développement (PJD), ont contesté sa validité, estimant que Driss Razi ne pouvait légalement la présider. Ils rappellent que ce dernier a fait l’objet, en 2025, d’une décision de révocation prononcée par le tribunal administratif de Rabat à la suite d’une requête introduite par la Wilaya de Rabat-Salé-Kénitra, puis confirmée en appel.
Toutefois, selon plusieurs élus et spécialistes du droit, la révocation de Driss Razi n’a pas encore acquis un caractère définitif. Un recours en cassation étant toujours en cours d’examen, l’intéressé conserve, jusqu’au prononcé d’une décision finale, la possibilité d’exercer ses prérogatives à la tête de l’arrondissement.
Mais le différend dépasse largement la seule question juridique. Au sein de cet arrondissement qui couvre notamment le centre-ville de Rabat, la médina ainsi que les quartiers Hassan et Océan, l’opposition municipale, renforcée par les élus de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), multiplie les critiques à l’égard de la gestion financière et administrative de l’exécutif local.
Ces accusations sont fermement rejetées par le président de l’arrondissement. «Mes détracteurs dénoncent aujourd’hui ma gestion, mais ils n’expliquent pas pourquoi ils sont restés silencieux pendant toutes ces années», rétorque Driss Razi.
Lire aussi : Rabat: la destitution du président de l’arrondissement Hassan validée par la justice
Ce dernier met également en avant les résultats budgétaires enregistrés sous son mandat. Selon lui, la gestion de l’arrondissement a permis de dégager des excédents budgétaires ayant contribué au financement d’autres secteurs, alors même que les crédits prévus au titre du budget 2026 n’ont toujours pas été décaissés au profit de la collectivité.
Dans ce climat de forte polarisation politique et institutionnelle, l’avenir du conseil d’arrondissement de Hassan demeure suspendu à la fois aux développements judiciaires entourant le dossier de son président et à la capacité des différentes composantes du conseil à renouer le dialogue pour assurer la continuité du fonctionnement de cette importante collectivité territoriale.




