Rabat: la session du conseil de l’arrondissement Hassan annulée sur fond de bras de fer autour de Driss Razi

Driss Razi, président contesté mais toujours en fonction de l’arrondissement Hassan. (Y.Mannan/Le360)

Le 04/06/2026 à 19h28

VidéoLa session ordinaire de juin du conseil de l’arrondissement Hassan n’a finalement pas pu se tenir ce jeudi. Contestant la légalité de la réunion, des élus de l’opposition ont remis en cause la capacité de son président, Driss Razi, à la présider. Au-delà de la bataille juridique liée à sa révocation contestée, les divergences portent également sur la gestion financière et administrative de l’un des arrondissements les plus stratégiques de la capitale.

Les tensions politiques qui secouent l’arrondissement de Hassan, l’un des plus importants de Rabat, ont empêché la tenue de la session ordinaire du conseil prévue ce jeudi. Au cœur de la controverse: la légalité même de la réunion et la situation juridique de son président, Driss Razi.

Les élus opposés à la tenue de cette session, notamment ceux du Parti de la justice et du développement (PJD), ont contesté sa validité, estimant que Driss Razi ne pouvait légalement la présider. Ils rappellent que ce dernier a fait l’objet, en 2025, d’une décision de révocation prononcée par le tribunal administratif de Rabat à la suite d’une requête introduite par la Wilaya de Rabat-Salé-Kénitra, puis confirmée en appel.

Toutefois, selon plusieurs élus et spécialistes du droit, la révocation de Driss Razi n’a pas encore acquis un caractère définitif. Un recours en cassation étant toujours en cours d’examen, l’intéressé conserve, jusqu’au prononcé d’une décision finale, la possibilité d’exercer ses prérogatives à la tête de l’arrondissement.

Mais le différend dépasse largement la seule question juridique. Au sein de cet arrondissement qui couvre notamment le centre-ville de Rabat, la médina ainsi que les quartiers Hassan et Océan, l’opposition municipale, renforcée par les élus de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), multiplie les critiques à l’égard de la gestion financière et administrative de l’exécutif local.

Ces accusations sont fermement rejetées par le président de l’arrondissement. «Mes détracteurs dénoncent aujourd’hui ma gestion, mais ils n’expliquent pas pourquoi ils sont restés silencieux pendant toutes ces années», rétorque Driss Razi.

Ce dernier met également en avant les résultats budgétaires enregistrés sous son mandat. Selon lui, la gestion de l’arrondissement a permis de dégager des excédents budgétaires ayant contribué au financement d’autres secteurs, alors même que les crédits prévus au titre du budget 2026 n’ont toujours pas été décaissés au profit de la collectivité.

Dans ce climat de forte polarisation politique et institutionnelle, l’avenir du conseil d’arrondissement de Hassan demeure suspendu à la fois aux développements judiciaires entourant le dossier de son président et à la capacité des différentes composantes du conseil à renouer le dialogue pour assurer la continuité du fonctionnement de cette importante collectivité territoriale.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 04/06/2026 à 19h28