Politiciens et élus accusés d’exploiter les festivals à des fins électorales

Moussem Moulay Abdellah Amghar, édition 2025. (A. Ettahiry/Le360).

Revue de presseDes responsables politiques et des élus sont pointés du doigt pour avoir transformé les moussems et festivals printaniers en tribunes électorales anticipées, mobilisant des ministres et ciblant des groupes perçus comme des atouts électoraux majeurs. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 18/05/2026 à 19h46

Des responsables politiques et des élus sont accusés d’instrumentaliser des moussems et des festivals printaniers pour mener des campagnes électorales prématurées. Ces acteurs politiques profitent de la présence de ministres issus de leurs rangs pour promouvoir leurs ambitions en vue des prochains scrutins. «Leur cible principale: les manifestations de tbourida, souvent liées à des structures tribales, considérées comme une force électorale majeure en raison de leur capacité d’organisation et de leur cohésion», indique le quotidien Assabah dans son édition du mardi 19 mai.

Le ministère de l’Intérieur a récemment été submergé par une vague de plaintes émanant de plusieurs régions, dont Khémisset, Beni Mellal, Azilal, Sidi Kacem et Khouribga. Autrefois cantonnés aux festivals dédiés aux saints patrons dans les villes et communes rurales, les «marchands de votes» et les acteurs politiques étendent désormais leur influence aux festivals printaniers, en attendant la saison estivale. L’objectif est d’engranger des profits financiers tout en consolidant leur base électorale et en attirant de nouveaux soutiens.

Pour organiser ces événements, les responsables politiques et les élus bénéficient de financements variés, notamment publics. Parmi les principales sources figurent des fonds distribués sans véritable contrôle. Cette situation a poussé des walis à envisager une révision des modalités d’attribution de ces subventions. Mais les organisateurs de ces festivals ne se contentent pas de ces financements. Ils sollicitent également des aides supplémentaires auprès du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, comme en témoignent plusieurs présidents de collectivités locales.

«À l’approche des prochaines échéances électorales, la multiplication de ces festivals soulève des interrogations», souligne Assabah. Certains y voient des plateformes de promotion d’agendas politiques, exploitant l’émotion et l’enthousiasme des participants à des fins personnelles. Traditionnellement, les moussems, dédiés aux saints patrons, aux récoltes fruitières ou aux produits locaux, incluent des expositions culturelles et artistiques. Pourtant, ils sont de plus en plus détournés à des fins partisanes, avec des distributions de cadeaux ou des discours politiques en marge des événements.

Cette tendance à la politisation des festivals et des moussems inquiète une partie de la société. «Certains craignent qu’elle ne fragmente le tissu social en divisant les populations selon leurs affiliations politiques», note Assabah. D’autres redoutent que ces événements ne perdent leur authenticité pour devenir de simples outils de propagande.

Pour éviter une telle dérive, des voix appellent à la préservation du caractère original de ces rassemblements. Elles exhortent les organisateurs, les walis et les gouverneurs des régions à veiller à ce qu’ils ne soient pas exploités à des fins personnelles ou politiques. La société civile est également appelée à jouer un rôle actif dans la surveillance de ces événements et à sensibiliser le public aux dangers de leur politisation.

Par le360
Le 18/05/2026 à 19h46