Alors que le ministre de l’Intérieur a réuni, ce week-end, les représentants des partis politiques siégeant au Parlement au siège de son département pour discuter en profondeur de la problématique de l’abstention, force est de constater que les solutions concrètes peinent à émerger. C’est ce que relate le quotidien Assabah dans son édition du lundi 11 mai. «Ce phénomène d’abstention n’est pas un simple comportement passager ou une attitude conjoncturelle, mais bien le résultat d’un ensemble de causes profondes et de dysfonctionnements accumulés au fil du temps», a expliqué une source politique ayant participé à la réunion, soulignant l’érosion progressive de la confiance entre les citoyens et la classe politique.
Le citoyen marocain, en particulier les jeunes générations, ressent une forme de désillusion et d’inutilité face à la répétition de promesses non tenues et à la reproduction de discours qui ne convainquent plus l’opinion publique. «Cela a engendré une froideur électorale qui précède le scrutin de plusieurs mois», a-t-elle ajouté.
Selon Assabah, cette situation s’impose aujourd’hui comme une source de préoccupation majeure, non seulement pour les partis politiques qui luttent pour consolider leur base électorale et augmenter leur taux de participation afin de renforcer leur légitimité représentative, mais aussi pour le ministère de l’Intérieur, en tant qu’institution administrative chargée de superviser l’ensemble du processus électoral. L’amplification du phénomène des «sièges vides représente un défi national qui exige une approche structurelle, dépassant les solutions superficielles ou les campagnes de sensibilisation traditionnelles», a-t-on estimé lors de la réunion.
Une analyse approfondie des causes de cette abstention révèle «une crise de l’offre politique plutôt qu’une crise de conscience électorale». En effet, la persistance des partis à privilégier les logiques de parrainage fondées sur des loyautés étroites ou à s’appuyer sur des mécanismes de cooptation éloignés des critères d’intégrité et de crédibilité pousse l’électorat vers l’abstention. L’électeur se retrouve, à chaque scrutin, contraint de choisir entre des figures inchangées depuis des décennies. Cela renforce une perception négative: le changement par les urnes reste compromis tant que les candidats proposés ne changent pas, a souligné la même source.
Pour remédier à cette situation, la seule voie pour augmenter le taux de participation et relancer la dynamique électorale au Maroc passe nécessairement par une révolution silencieuse et une refonte radicale des stratégies des formations politiques, a estimé la source. Ces dernières sont aujourd’hui appelées, plus que jamais, à rompre avec la logique des «dinosaures électoraux» qui ont épuisé toutes leurs opportunités et le capital de confiance des citoyens. «Il est temps de se tourner vers des profils nouveaux, dotés de compétences scientifiques, de charisme et d’une capacité à communiquer efficacement», ajoute la source du journal.
La nécessité urgente de cette phase exige «d’injecter du sang neuf dans les veines des partis, non pas comme une opération cosmétique, mais en permettant à des jeunes talents de figurer en tête des listes électorales», afin de créer «une onde positive dans la conscience collective». «Cela contribuerait directement à restaurer la confiance perdue et à motiver les citoyens à se rendre massivement aux urnes», a conclu la source d’Assabah.




