L'Istiqlal poursuit Benkirane en justice

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Revue de presseKiosque360. Le parti de la balance compte poursuivre le chef du gouvernement en justice suite à ses insinuations accusatrices à l'encontre de ses militants lors de sa dernière sortie au Parlement.

Le 04/01/2014 à 02h25

L'Istiqlal a décidé de recourir à la justice pour répondre aux accusations du chef du gouvernement à l'encontre "d'un membre du comité exécutif et ancien ministre de la Santé, Yasmina Baddou, soupçonnée d'avoir transféré illégalement des devises et acheté deux appartements à Paris", lit-on dans les quotidiens à paraître ce week-end. Akhbar Al Yaoum soutient que "Hamid Chabat, SG de l'Istiqlal, a placé son combat avec Benkirane sur la scène de la justice". Et d'indiquer que "Abdellah Bouanou, chef du groupe parlementaire du PJD, menace de faire des révélations choc sur plusieurs ministres istiqlaliens". Le journal estime que "la guerre entre le PJD et l'Istiqlal risque de prendre d'autres dimensions".

Selon Assabah, une réunion du comité exécutif de l'Istiqlal a conclu à la nécessité "de déposer deux plaintes contre le chef du gouvernement, l'une au nom du parti de la balance et la seconde au nom de Yasmina Baddou". "Ces deux plaintes visent à mettre la lumière sur ces accusations", est-il ajouté. En s'attachant à son recours à la justice, l'Istiqlal place, selon Assabah, "à un niveau supérieur sa confrontation avec le PJD, celle-ci ayant commencé depuis que Chabat a annoncé le retrait de sa formation du gouvernement". Toujours selon le journal, "Chabat a défendu, lors de la réunion du bureau politique, Yasmina Baddou, estimant que ces attaques s'inscrivent dans le cadre d'une campagne orchestrée contre le parti, ses symboles et ses positions politiques". A lire Assabah, on apprend aussi que "l'Istiqlal accuse Benkirane de non dénonciation de crimes, si ses allégations contre l'ancienne ministre Yasmina Baddou s'avéraient vraies". Le parti de la balance estime que les insinuations de Benkirane "constituent une calomnie, une insulte et une diffamation contre une dirigeante d'un parti politique", ajoute le quotidien.

Polémique stérile

Selon Annass, "la direction de l'Istiqlal compare Benkirane à Driss Basri (ancien ministre de l'Intérieur)". D'après ce journal, les membres du bureau politique du parti "ont exprimé leur déception vis-à-vis de l'attitude de Benkirane, la qualifiant d'abjecte". "Les istiqlaliens ont pour leur part accusé des dirigeants PJDistes pour leur implication dans des affaires de corruption comme par exemple celles de Jamaa El Mouatassim, chef de cabinet de Benkirane, ou d'Aboubakr Belkora, ancien maire de Meknès", ajoute Annass. Il paraît clair que la tension entre l'Istiqlal et le PJD est montée d'un cran. Leurs rapports se sont dégradés, chacun s'accrochant sans concession à ses convictions politiques. Cette confrontation est politiquement stérile pour le pays. Les citoyens ont des attentes plus grandes que ces chamailleries qui ne font que retarder le processus des réformes.

Par Mohamed Chakir Alaoui
Le 04/01/2014 à 02h25