L’Intérieur révèle des irrégularités majeures dans les budgets d’études des collectivités locales

Le siège du ministère de l’Intérieur à Rabat.

Revue de presseUne enquête administrative approfondie met en lumière le détournement de fonds publics à travers des contrats d’études fictives ou surévaluées, entraînant l’intervention imminente de la justice et de nouvelles directives restrictives du chef du gouvernement pour mettre fin aux abus des cabinets de conseil privés. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 31/05/2026 à 19h19

L’Inspection générale du ministère de l’Intérieur a finalisé une opération d’audit global et exhaustif ayant permis de déceler de nombreuses anomalies et des manipulations de grande ampleur dans les procédures de passation des marchés publics au sein des collectivités territoriales. «Les investigations approfondies menées par les services de contrôle révèlent l’octroi de budgets conséquents pour la réalisation d’études techniques qualifiées de fictives», indique le quotidien Assabah dans son édition du lundi 1er juin.

Ces documents, chèrement payés par le contribuable, n’ont jamais connu la moindre application concrète sur le terrain et concernent notamment des projets liés à la délimitation et à l’aménagement du découpage administratif territorial.

Les rapports détaillés transmis par les services centraux du ministère soulignent que des enveloppes budgétaires se chiffrant à plusieurs millions de dirhams, et atteignant parfois plus de deux millions de dirhams pour une seule étude, ont été versées de manière injustifiée à des cabinets d’études privés. Plusieurs présidents de communes, de conseils préfectoraux et de conseils provinciaux se trouvent désormais visés par ces enquêtes administratives. Il leur est reproché d’avoir validé et financé des projets n’existant que sur le papier, créant ainsi d’importants déficits financiers et des déficits cachés sous couvert d’une programmation artificielle de budgets excédentaires.

«Face à la gravité de ces constatations, les autorités de tutelle ont immédiatement réagi en adressant des avertissements formels et sévères aux conseils locaux concernés», écrit Assabah. Les rapports pointent du doigt un manque total d’objectivité dans l’octroi des crédits financiers, un gaspillage flagrant des deniers publics et la multiplication de contrats redondants ou inutiles pour un même projet, souvent attribués aux mêmes prestataires. Ces pratiques frauduleuses ont été menées au détriment direct des attentes prioritaires et urgentes de la population locale, tout en écartant sciemment les compétences et les cadres techniques internes dont disposent pourtant les administrations publiques.

Le dossier devrait connaître une accélération judiciaire majeure au cours des prochaines semaines avec la saisine attendue du parquet général afin d’engager des poursuites pénales. La Brigade nationale de la police judiciaire sera chargée d’approfondir l’enquête sur ces infractions économiques et ces soupçons de conflits d’intérêts. Le périmètre des investigations s’est d’ailleurs élargi pour inclure des registres municipaux et des documents comptables compromettants, menaçant directement plusieurs élus locaux, présidents de conseils et parlementaires entretenant des relations suspectes et durables avec les cabinets d’études mis en cause.

«En réaction immédiate à ce scandale administratif, la présidence du gouvernement a publié une circulaire contraignante à l’adresse de l’ensemble des administrations et des collectivités territoriales afin de rationaliser drastiquement les dépenses publiques», note Assabah. Ce nouveau dispositif réglementaire impose désormais de soumettre systématiquement tous les appels d’offres et les propositions de contrats relatifs aux études techniques à une autorisation préalable obligatoire. Le chef du gouvernement exige des responsables locaux qu’ils valorisent l’expertise interne et s’appuient sur les cadres de l’État, interdisant formellement le lancement de nouvelles études externes, sauf en cas de nécessité absolue dûment justifiée.

Par La Rédaction
Le 31/05/2026 à 19h19