Les plans d’aménagement de grandes villes toujours bloqués à cinq mois de la fin du mandat gouvernemental

Fatima Ezzahra El Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville.

Revue de presse Alors que l’actuelle législature entre dans sa dernière ligne droite, plusieurs dossiers structurants du secteur de l’urbanisme restent en suspens. Au cœur des tensions, l’adoption des plans d’aménagement de grandes villes comme Rabat, Tanger, Marrakech ou Kénitra, toujours bloqués. Une situation qui alimente les inquiétudes des élus locaux et des investisseurs, tandis que la ministre de l’Habitat, Fatima Ezzahra El Mansouri, tente d’accélérer le traitement de nombreux projets immobiliers restés en attente. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 08/03/2026 à 18h36

À cinq mois seulement de la fin de l’actuelle législature, l’heure semble déjà aux bilans au sein de l’exécutif dirigé par Aziz Akhannouch. Dans les couloirs politiques, nombreux sont ceux qui estiment que plusieurs ministres et secrétaires d’Etat quitteront bientôt leurs fonctions pour tourner la page de cette expérience gouvernementale. Seule une minorité pourrait poursuivre sa trajectoire dans la sphère publique, notamment certains profils technocratiques qui ne sont affiliés à aucune formation politique et dont la carrière dépend davantage de leur expertise administrative que des équilibres partisans.

Dans ce contexte de fin de mandat, la ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, Fatima Ezzahra El Mansouri, semble elle aussi se diriger vers la sortie. Pourtant, son passage à la tête de ce département reste marqué par plusieurs dossiers sensibles qui n’ont pas encore abouti, en particulier celui des plans d’aménagement urbain dans plusieurs grandes villes du Royaume. Dès sa première intervention gouvernementale devant la Commission de l’Intérieur à la Chambre des représentants, la ministre avait pris l’engagement d’accélérer l’adoption et la mise en œuvre de ces documents stratégiques essentiels à l’organisation de l’expansion urbaine. Mais, selon plusieurs observateurs du secteur, ces promesses se sont heurtées à de fortes résistances administratives, écrit le quotidien Assabah de ce lundi 9 mars.

La Direction de l’Urbanisme au niveau de l’administration centrale se montre réticente à valider et à signer l’émission de nouvelles versions des plans d’aménagement concernant certaines grandes agglomérations. Les raisons exactes de ces blocages demeurent floues et difficiles à expliquer publiquement. Bien que quelques plans aient finalement été approuvés de manière limitée, les connaisseurs des rouages du ministère évoquent en coulisses des tensions internes et des divergences d’orientation entre les décideurs de cette direction et le programme défendu par la ministre.

Citant des sources internes, Assabah révèle que certains responsables administratifs de la Direction de l’Urbanisme disposeraient d’appuis et de relais au-delà même du ministère de l’Habitat, et seraient sensibles à des influences provenant d’autres départements gouvernementaux. Cette situation alimente les inquiétudes d’élus locaux qui redoutent que ces blocages ne traduisent en réalité des luttes d’influence ou des règlements de comptes internes. Leur crainte principale est de voir plusieurs grandes villes continuer à évoluer sans documents d’urbanisme actualisés pendant encore de longues années.

Le problème n’est pas nouveau. Dans des villes importantes comme Tanger, Marrakech, Kénitra ou Rabat, les plans d’aménagement sont restés en suspens pendant de longues périodes. Les versions précédentes avaient été abandonnées après avoir suscité de vives contestations de la part des citoyens, des associations et parfois même d’élus locaux, qui dénoncent certaines orientations urbanistiques jugées inadaptées ou défavorables à l’intérêt général. Depuis lors, les délais légaux pour l’étude et l’approbation de ces documents ont été largement dépassés. La commission centrale chargée de l’approbation finale continue, depuis plusieurs années, d’examiner un grand nombre de projets de plans d’aménagement. Ces documents techniques complexes sont bien connus des directeurs de certaines agences urbaines, qui maîtrisent les subtilités de leur élaboration, leurs équilibres territoriaux et les multiples ajustements nécessaires pour parvenir à une version acceptable par l’ensemble des parties prenantes. Derrière ces discussions techniques se jouent également d’importants enjeux économiques.

En effet, de grands promoteurs immobiliers suivent de près l’évolution de ces dossiers. Les plans d’aménagement déterminent les zones constructibles, les hauteurs autorisées, les équipements publics et les orientations d’urbanisation futures. Autant de paramètres qui peuvent influencer de manière décisive la rentabilité de projets immobiliers de grande envergure. Certains acteurs du secteur attendent donc avec impatience les conclusions de ces processus d’approbation, après avoir déjà préparé leurs investissements en fonction des scénarios envisagés. Dans l’attente de la cartographie définitive de ces plans d’aménagement, encore bloqués au niveau de la commission nationale et de certaines commissions locales, Fatima Ezzahra El Mansouri avait annoncé, il y a quelque temps, une initiative visant à réexaminer plusieurs dizaines de dossiers d’investissement dans le secteur immobilier. Ces projets avaient été rejetés auparavant pour des raisons techniques ou administratives, souvent précisément liées à l’absence ou à l’ambiguïté des documents d’urbanisme.

Par La Rédaction
Le 08/03/2026 à 18h36