La bataille des législatives s’annonce particulièrement disputée à Boulemane, vaste circonscription rurale de la région Fès-Meknès, où plusieurs figures politiques de premier plan devraient briguer les trois sièges à pourvoir à la Chambre des représentants. Parmi elles figurent notamment Rachid Hammouni (PPS), M’Hand Laenser (MP) et Mohamed Chaouki (RNI).
Habitué des joutes électorales dans la province, M’Hand Laenser, figure historique du Mouvement populaire, part avec un solide ancrage local. Face à lui, Rachid Hammouni, député sortant et président du groupe du Parti du progrès et du socialisme (PPS) à la Chambre des représentants, compte également parmi les candidats de poids. Mohamed Chaouki défendra, pour sa part, les couleurs du Rassemblement national des indépendants (RNI), formation qui abordera le scrutin avec le bilan de la majorité gouvernementale conduite par Aziz Akhannouch.
Dans cette province étendue et faiblement peuplée, les enjeux de désenclavement, d’accès aux infrastructures et de réduction des disparités territoriales devraient occuper une place centrale dans la campagne. Une problématique à laquelle Rachid Hammouni entend précisément adosser son discours électoral.
Interrogé par Le360 sur les préparatifs de la campagne, le député PPS dit vouloir inscrire son argumentaire dans le sillage des orientations royales en faveur de la justice spatiale et du développement territorial intégré. Dans son discours du Trône du 29 juillet 2025, le roi Mohammed VI avait, en effet, affirmé qu’il n’y avait de place «ni aujourd’hui, ni demain pour un Maroc avançant à deux vitesses», appelant à une nouvelle génération de programmes de développement territorial. Ceux-ci doivent notamment tenir compte des spécificités locales et renforcer la complémentarité et la solidarité entre les territoires.
Rachid Hammouni conteste ainsi une logique d’investissement public qui, selon lui, favoriserait les territoires les plus densément peuplés. Une approche qui risquerait, estime-t-il, de pénaliser durablement une province rurale comme Boulemane.
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«Si l’on applique cette logique à Boulemane, compte tenu de sa faible densité démographique, la province risque de rester durablement à l’écart du développement», estime-t-il. Pour le député sortant, l’investissement public doit au contraire servir de levier de désenclavement et d’attractivité: «Nous devons investir dans notre territoire pour que la population puisse elle aussi bénéficier du progrès, à travers les routes, l’implantation d’activités industrielles et, pourquoi pas, à terme, une liaison autoroutière.»
Le candidat du PPS entend ainsi placer la réduction des fractures territoriales au cœur de sa campagne, en faisant valoir les besoins spécifiques d’une province où la dispersion de l’habitat et la faible densité de population rendent particulièrement déterminants les investissements dans les infrastructures et les services publics.




