Le retour des avocats, un nouveau souffle pour les tribunaux de Casablanca

La Cour d’appel de Casablanca.

Revue de presseEntre la reprise des débats dans les salles d’audience, le défi des procès à distance et la charge émotionnelle des familles, la justice casablancaise renoue avec son activité pléthorique après une grève prolongée qui a mis à l’épreuve l’ensemble des justiciables. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 27/09/2026 à 19h33

Le retour des avocats dans les tribunaux de Casablanca a insufflé une nouvelle dynamique aux salles d’audience, mettant un terme à une période de blocage prolongé qui paralysait l’activité judiciaire. «Les couloirs et les immenses salles d’audience de la cour d’appel de Casablanca résonnent à nouveau des pas et des plaidoiries des avocats, qui portent des dossiers reportés depuis plusieurs mois en raison de la grève», constate le quotidien Assabah dans son édition du lundi 28 septembre.

Les juges s’efforcent désormais de rattraper le retard accumulé dans les rôles d’audience, où les accusés comparaissent soit physiquement, soit à distance. À l’intérieur des salles, de grands écrans installés dans un coin, munis de caméras et de microphones, révèlent le besoin pressant d’une telle technologie, tout en soulignant la distance qui sépare le tribunal de la prison d’Oukacha.

«Lors d’une audience publique, l’accusé apparaît à l’écran, assis sur une chaise face à la caméra qui assure la liaison directe avec la juridiction chargée d’examiner son dossier», relate Assabah. Le juge prononce le nom d’un détenu, sa voix retransmise par un haut-parleur, pour attester de son identité et de sa présence, avant que le président de l’audience ne s’adresse directement au prévenu. Lorsqu’il lui est permis de s’expliquer, de contester certains détails ou de dissiper une ambiguïté, la voix saccadée et le décor distant brisent l’atmosphère chaleureuse des procès traditionnels.

Dans la salle numéro 5, consacrée aux affaires criminelles, un dossier de trafic de drogue a suscité un débat intense lors du procès d’un accusé placé en détention provisoire. Lors de sa comparution à distance, l’accusé a nié en bloc les accusations portées contre lui, affirmant que le dossier reposait sur des procédures d’enquête superficielles et des procès-verbaux dépourvus de fondement matériel. La défense s’est emparée de cette brèche pour plaider l’acquittement de son client, soulignant que ce dernier avait été placé en prison à la suite de procès-verbaux issus d’une instruction sommaire, sans confrontation ni preuve matérielle concrète. Les larmes de la mère d’un accusé dans le couloir de la cour ont rappelé la douleur humaine face aux verdicts. Après la conclusion du débat juridique dans la salle numéro 5, le protocole et la solennité de la justice ont été mis à rude épreuve par l’émotion brute des familles.

Dans d’autres salles d’audience, les procès se sont déroulés selon des scénarios similaires, mêlant contestation des faits et exigences de rigueur juridique. Dans la salle numéro 6, un dossier de vol qualifié a confronté la justice à la complexité des dénégations des prévenus. Lors de son interrogatoire, l’accusé placé en détention a reconnu certains faits tout en contestant le vol de la moto, affirmant n’avoir aucun lien avec cette accusation précise et invoquant l’absence de preuves matérielles. La partie civile a insisté sur la matérialité des faits et l’identification du suspect, tandis que la défense a exigé le strict respect de la loi et le bénéfice du doute en l’absence de preuves irréfutables.

Les audiences se sont poursuivies à un rythme fluide, le magistrat donnant la parole tour à tour au représentant du ministère public et à la défense, dans un ballet judiciaire où la confrontation des arguments cherche à concilier la rigueur de la loi et la protection des droits de la défense. Le retour effectif des avocats a ainsi permis de dénouer de nombreux dossiers en souffrance, tout en mettant en lumière les défis logistiques et humains inhérents au système judiciaire moderne. La justice retrouve peu à peu son rythme de croisière, bien que les professionnels du droit continuent de faire face à une surcharge de travail historique, qui témoigne de l’importance des enjeux traités au quotidien dans ces tribunaux.

Par La Rédaction
Le 27/09/2026 à 19h33