Le Parti de la justice et du développement a définitivement décidé de sa position sur l’échiquier politique, à l’issue des élections du 23 septembre dernier, son Conseil national ayant décidé à l’unanimité, lors d’une session extraordinaire samedi dernier, à Bouznika, de ne pas participer au prochain gouvernement et de se placer parmi les partis dans l’opposition parlementaire, ce qui met un terme à un débat interne sur la possibilité de revenir à la gestion des affaires publiques, après les résultats obtenus par le PJD, relaie Al Akhbar de ce lundi 28 septembre.
Cette décision du Conseil national, la plus haute instance décisionnelle du parti après le congrès national, intervient en conformité avec la position adoptée par le secrétariat général lors de sa réunion extraordinaire de jeudi dernier, qui a considéré que la place naturelle du parti était de poursuivre ses rôles constitutionnels, politiques et militants en faisant partie d’une opposition nationale responsable et vigoureuse.
Au cours de cette session extraordinaire, les membres du Conseil national ont débattu de la proposition présentée par le secrétariat général avant de l’adopter à l’unanimité, alors que, selon les données publiées par le parti, le débat a inclus environ 50 interventions, tandis que le coordinateur national, chef du Conseil national, a présenté un exposé sur le déroulement du processus électoral et ses résultats. Le secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, a quant à lui «prononcé une allocution politique», lit-on dans Al Akhbar.
Cette décision est motivée par le fait qu’à la suite de ce scrutin, la représentativité du PID à la Chambre des représentants est désormais de 54 sièges, ce qui place le parti à la quatrième place, derrière le Parti authenticité et modernité (PAM, 97 sièges), le Rassemblement national des indépendants (RNI) et le parti de l’Istiqlal (PI).
Avec cette décision, le PJD tentera de tirer parti de sa forte remontée réalisée lors des dernières élections: de 13 sièges aux élections de 2021 à 54 sièges de celui-ci, ce qui en fait l’un des partis les plus en vue de l’opposition à la Chambre des représentants. Le PJD reste donc, avec d’autres partis ayant décidé de cette posture parmi les élus de la première chambre du Parlement, dans l’attente de la cristallisation de la forme et de la composition finale du prochain gouvernement.
Cette décision du parti d’obédience islamiste intervient alors que les phases des négociations pour la formation du futur exécutif ont débuté. Les leaders du PAM se sont d’ores et déjà exprimés sur la nécessité d’une alliance avec d’autres partis pour sécuriser la majorité parlementaire, alors que pour le PJD, le choix fait de se placer parmi les partis dans l’opposition pousse les partis qui se consultant encore à rechercher d’autres partis vainqueurs de ce scrutin pour former une coalition gouvernementale, écrit Al Akhbar.
Par ailleurs, la détention par les trois partis, à savoir le PAM, le RNI et l’Istiqlal d’un total de 228 sièges en cas d’alliance entre ces trois formations politiques, est déjà, en elle-même, une majorité en termes d’effectifs en ce quin concerne les candidats élus à la Chambre des représentants. Bien que les supputations et concertations ne concernent pas uniquement la nature de l’alliance, les négociations en cours ainsi que les positions de répartition des responsabilités restent déterminantes dans la formation du prochain gouvernement.
Le PJD en a ainsi décidé, en ce qui concerne le plus important enjeu post-électoral, en l’attendant que, dans les prochains jours, la majorité qui conduira le parti au pouvoir et le nombre de ses composantes soit sue. En contrepartie, une nouvelle opposition parlementaire, dont le PJD sera l’un des principaux leaders, se constitue.



