Le dossier du Sahara marocain traverse actuellement une phase de dynamique diplomatique accélérée, révélatrice de profondes mutations dans l’appréhension internationale d’un conflit régional dont la durée a excédé toute prévision raisonnable. Deux événements concomitants, chargés d’une signification politique singulière, illustrent cette évolution: d’une part, le ralliement du Canada au plan d’autonomie comme unique issue viable à une crise artificiellement entretenue ; d’autre part, la visite à Rabat de Christopher Landau, secrétaire d’État adjoint américain, en provenance d’Alger.
«La fermeté de la position canadienne ne saurait être isolée du large mouvement de reconnaissance internationale dont bénéficie désormais l’initiative d’autonomie, notamment dans le cadre de la résolution 2797», souligne l’éditorialiste du quotidien Al Akhbar dans son édition du jeudi 30 avril. Ce texte a une nouvelle fois consacré la primauté d’une solution politique réaliste, fondée sur l’autonomie sous souveraineté marocaine. Il est prévisible que la prise de position d’Ottawa trouve un écho significatif au sein des instances onusiennes, alors même que ce dossier entre dans une phase décisive, sous l’impulsion déterminée des États-Unis, dont le poids diplomatique s’exerce désormais en faveur d’un règlement définitif.
À cet élan s’ajoute la mission de Christopher Landau, qui s’inscrit dans une intense activité diplomatique américaine dans la région, de même que l’entretien entre Massad Boulos, haut conseiller pour le Moyen-Orient, et Ahmed Attaf, ministre algérien des Affaires étrangères. Cette effervescence n’a pas échappé à Staffan de Mistura, envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies, lequel a souligné la dynamique internationale accompagnant l’initiative d’autonomie au Sahara.
Ces manœuvres diplomatiques se déploient dans un environnement géopolitique où les États-Unis entendent sécuriser le bassin méditerranéen et les routes du commerce mondial, face aux transformations accélérées du Moyen-Orient et aux graves défis sécuritaires qui secouent la région sahélienne. «Une situation qui ne saurait tolérer la persistance de milices menaçant la stabilité régionale, alimentant le terrorisme, les trafics criminels, la traite des êtres humains et la circulation illicite des armes», souligne Al Akhbar.
Dans ce contexte troublé, le Maroc apparaît comme un acteur incontournable, offrant des gages de stabilité et de continuité au service des populations locales, tout en confirmant sa crédibilité en tant que partenaire stratégique capable de convertir les engagements internationaux en politiques opérationnelles concrètes.




