La commission des affaires étrangères du Congrès des députés espagnol a rejeté, mardi, une initiative présentée par le parti d’extrême droite Vox, qui réclamait l’adoption d’une position parlementaire réaffirmant la souveraineté de l’Espagne sur les villes de Sebta et Melilla ainsi que sur plusieurs îlots et rochers situés dans le nord de l’Afrique, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce jeudi 24 septembre.
Cette proposition a fait l’objet d’un rejet massif de la part des formations politiques, incluant le Parti socialiste ouvrier espagnol, Junts, la Gauche républicaine de Catalogne, Bildu et Podemos, tandis que le Parti populaire a opté pour l’abstention lors du vote. L’initiative de Vox s’inscrivait dans un contexte de tensions ravivées par la question migratoire, marquée notamment par la vague d’entrées massives survenue à Sebta à la fin du mois de juillet dernier, un événement qui a remis au centre du débat politique espagnol le statut de la ville et la nature des relations bilatérales avec le Maroc.
À travers ce texte, le parti de droite radicale exigeait également que le parlement condamne des déclarations émanant prétendument de responsables gouvernementaux marocains, qu’il qualifiait de remises en cause de la souveraineté espagnole sur Sebta et Melilla.
En réaction, le gouvernement espagnol a privilégié ces derniers mois le renforcement de la coopération avec le Maroc dans le domaine migratoire, le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, ayant souligné que Madrid maintient un dialogue constant avec Rabat concernant la gestion de la situation et le retour des migrants encore présents dans la ville suite aux événements de juillet.
Par ailleurs, Vox a accusé le Maroc de planifier des manœuvres visant à prendre le contrôle de Sebta et Melilla en ayant recours à diverses méthodes d’aspiration et de pression, telles que l’autorisation de flux migratoires vers les deux enclaves, l’interruption des flux de marchandises frontaliers, ainsi que l’utilisation de terminologies officielles qualifiant Sebta et Melilla de terres marocaines occupées, ce qui trahirait selon le parti des intentions irrédentistes de récupération, écrit Al Ahdath Al Maghribia.
Le texte proposé liait la poursuite de la coopération bilatérale dans les domaines économique, migratoire et sécuritaire au respect absolu de la souveraineté espagnole, tout en exigeant une réévaluation globale des relations bilatérales avec le Maroc si le pays persistait dans ce que le parti qualifie de revendications territoriales, allant jusqu’à suggérer des mesures diplomatiques telles que le rappel de l’ambassadeur.
L’initiative invitait également le gouvernement espagnol à exiger de Rabat une déclaration claire et explicite reconnaissant la souveraineté espagnole sur Sebta et Melilla, une exigence rejetée par la majorité des partis espagnols qui considèrent qu’elle ne ferait qu’envenimer les rons de voisinage. Enfin, il convient de rappeler que le Maroc n’a jamais reconnu formellement la souveraineté espagnole sur Sebta et Melilla, qu’il considère toujours comme des territoires occupés, une position historique que certaines formations politiques de l’arc constitutionnel espagnol estiment devoir gérer par la diplomatie et le partenariat stratégique plutôt que par l’affrontement politique stérile.



