«La question algérienne» et les fausses illusions d’Emmanuel Macron

Le président français Emmanuel Macron (g) et le président algérien Abdelmadjid Tebboune (dr) assistent à une cérémonie de signature dans le pavillon d'honneur de l'aéroport d'Alger, le 27 août 2022.. AFP or licensors

ChroniqueEmmanuel Macron a voulu aller à contre-courant de la prudence de ses prédécesseurs. Il a pensé «apprivoiser et assagir» un régime existentiellement inconséquent, instable, versatile, répressif et dont la légitimité et la pérennité –il faut le rappeler encore– dépendent intimement du narratif anti-français.

Le 15/02/2023 à 16h03

La «question algérienne» a pris la forme d’un débat qui a agité la France à la fin des années 50 du siècle dernier, au sujet du sort à réserver aux trois départements français d’Afrique du Nord. Aujourd’hui, l’histoire se répète et c’est toujours le sempiternel débat sur la «question algérienne», mais sous une autre forme.

Comment gérer la relation structurellement conflictuelle entre l’Algérie, pays né en 1962, et sa matrice? Un problème aggravé aujourd’hui par une approche macronienne de l’ancienne colonie, confuse, reposant sur un narcissique et vain pouvoir de séduction du président français et sa crédulité égocentrique en sa capacité à normaliser la relation entre la France et l’Algérie. Après tout, doit-il se dire, je suis venu de nulle part et ai été élu chef de l’Etat en France et mon parti qui n’avait pas 24 mois a obtenu la majorité à l’Assemblée nationale. Avec cette performance, Macron doit croire qu’il est en mesure de faire des schismes et de changer l’Histoire.

En face, un pouvoir algérien illégitime, dont l’existence est consubstantielle au narratif sur les exactions de la colonisation française et les chiffres farfelus de victimes mortes pour libérer l’Algérie de l’envahisseur, ainsi que les récits fictifs sur une terre dont chaque centimètre est abreuvé par le sang de chouhadas, assassinés par les Français. Le système en Algérie instrumentalise la question mémorielle et invente, sans cesse, des brouilles et des désaccords dans le seul but de justifier sa pérennité au pouvoir.

Macron à rebours de ses prédécesseurs face à Alger

Tous les présidents de la cinquième république, prédécesseurs d’Emmanuel Macron, ont tenté des gestes de bonne volonté avec Alger. Ils étaient pour l’apaisement mais sans familiarité, ni proximité et encore moins de promiscuité –à coups de «bises»– avec les suppôts d’une dictature militaire féroce. Ils ont tous veillé à tenir à distance les gouvernants algériens, qu’ils soient militaires ou civils. Et encore moins dérouler le tapis rouge à un général éradicateur.

Emmanuel Macron a voulu aller à contre-courant de la prudence de ses prédécesseurs. Il a pensé «apprivoiser et assagir» un régime existentiellement inconséquent, instable, versatile, répressif et dont la légitimité et la pérennité –il fait le rappeler encore– dépendent intimement du narratif anti-français.

Sa très forte implication personnelle avec le régime algérien, non partagée par les Français, qui ont d’autres préoccupations, n’a fait que remettre inutilement à la Une de l’actualité la «question algérienne» –dans sa nouvelle mouture– qui est gérée par Macron à la manière d’un acteur qui a certes de la présence, mais se produit seul sur scène, alors que le texte qu’il joue implique d’autres acteurs.

C’est tout le problème, toute la naïveté ou le narcissisme du président français. Il pense qu’avec de bonnes intentions, on change l’histoire. Or avec la junte algérienne, il ne saurait être question de rationalité et encore moins de vérité dans la relation avec la France. Ouvrir, par exemple, les archives aux historiens et les laisser livrer la part vraie de «la guerre d’Algérie» signifierait la fin d’un régime qui ne tient que par la fabrique du mensonge. Seul un changement de génération et la substitution d’un pouvoir civil au pouvoir militaire –qui est au demeurant la revendication phare du Hirak– peuvent fournir à Macron les moyens de son ambition.

Tebboune l’irascible, accro aux réactions épidermiques

Alger reproche aujourd’hui à l’Elysée, en des termes brutaux, d’avoir fait «exfiltrer» l’activiste franco-algérienne Amira Bouraoui, une opposante d’ailleurs soft, qui aurait commis, selon la junte, le délit d’avoir manqué de respect au président et offensé l’islam? Drôle d’attelage accusatoire!

Après le temps des embrassades et celui de la visite d’une délégation ministérielle française XXL à Alger, voici le temps des volte-face et des réactions hystériques. La junte a décidé de rappeler son ambassadeur tout en s’en prenant violemment à la «barbouzerie française». Il faut savoir qu’Amira Bouraoui est peu connue et ne représente aucun danger ou risque pour le régime d’Alger justifiant sa réaction extrême. Mais elle a le mérite d’instruire sur deux aspects qui caractérisent «l’Algérie nouvelle» du duo Tebboune-Chengriha:

1- La réaction hystérique, épidermique comme mode de gouvernance. Tebboune est un gros fumeur, coléreux, irascible, qui confond décision et coup de sang. Peu de personnes ont relevé que suite au prétendu bombardement de camionneurs algériens par les FAR dans la zone tampon du Sahara atlantique, la présidence algérienne, c’est-à-dire Abdelmadjid Tebboune, a publié le 3 novembre 2021 un communiqué pour accuser le Maroc d’être derrière cet «assassinat lâche» qui «ne restera pas impuni». Cela veut dire que Tebboune s’est engagé formellement à des représailles auxquelles visiblement l’armée algérienne n’était pas prête.

2- Dans «la nouvelle Algérie» de Tebboune-Chengriha, il n’y a plus de presse. C’est une pitié de voir à quoi ressemble la presse algérienne aujourd’hui, servile et soumise totalement à la propagande du régime. Si la presse a été muselée, les youtubeurs algériens actifs depuis l’étranger sont la bête noire du régime qui est prêt à tout pour les faire taire, y compris en recourant aux assassinats. Or, voir une militante comme Amira Bouraoui, qui a montré de la prestance et de l’entrain quand elle animait une émission radio en Algérie, augmenter le rang de ces youtubeurs irréductibles, et bénéficiant d’une audience supérieure à celle à des médias publics, est un cauchemar insupportable pour la junte.

La lune de miel «élyso-mouradienne» qui a été vendue triomphalement comme un «acquis irréversible» a donc fatalement capotée. Pensant traiter avec un pays normal, dirigé par des gens normaux, la Macronie ne veut pas se désavouer en admettant l’impossibilité de construire quoi que ce soit de rationnel avec le pouvoir militaire algérien.

Par Jalal Drissi
Le 15/02/2023 à 16h03

Bienvenue dans l’espace commentaire

Nous souhaitons un espace de débat, d’échange et de dialogue. Afin d'améliorer la qualité des échanges sous nos articles, ainsi que votre expérience de contribution, nous vous invitons à consulter nos règles d’utilisation.

Lire notre charte

VOS RÉACTIONS

je m'arrête un court instant sur cette photo de macron et son quidam du moment, je me laisse penser a ce titre qui leur ira bien : "Les futurs amants de la brume"

Selon le site d'Info MAGHREB INTELLIGENCE, l'affaire BOURAOUI a été montée de toute pièce par le Régime mafieux et criminel algérien pour saboter la reconnaissance par la France de la Marocanité du Sahara Atlantique lors de son voyage officiel au Maroc ...Quoi qu'il arrive, vu les graves dérives dictatoriales de la Ripoublik Soviétique Algérienne, la France et d'autres Pays de l'UE seront forcément contraints de privilégier leurs rapports stratégiques avec le Maroc, seul pays stable et constant dans la région et sous-région, ce qui implique de reconnaitre la MAROCANITE du Sahara.

Le Professeur en Géostratégie ELMANAR ESSLIMI dans son 1er direct sur YouTube le 17 Février 2023, a démenti, avec preuve à l'appui , cette hypothèse de Maghreb Intelligence ......Vu les réactions violentes de la Junte algérienne et les témoignages de cette BOURAOUI dans plusieurs médias, il est évident que cette affaire ne peut avoir été planifiée.

MACRON veut parier sur le régime algérien dirigé par des mafieux, des menteurs pathologiques et des tocards....Tant pis pour lui ...Son incompétence en matière de politique étrangère va finir par coûter très cher au Peuple Français... ....En effet, même les dirigeants et entreprises de l'Afrique du Sud, ,qui se disent pourtant alliés du régime algérien, n'investissent pas un seul dollar en Algérie et lui préfèrent de très loin le Maroc ( voir la vidéo YouTube du 16 Février 23 du journaliste algérien Abdou Semmar sur la relation Afrique du Sud - Algérie)

Le MAROC OFFICIEL se débarrasse de la LANGUE FRANÇAISE en décidant faire ses discours officiels partout dans le Monde ( même en France) soit en ARABE soit en ANGLAIS, ce qui n'a pas manqué d'attirer l'attention des MÉDIAS ESPAGNOLS ...Pour plus de détails,, voir la vidéo YouTube le 16/02/23 du Professeur Tarik HAJJAB. intitulée "" المغرب يتخلى رسميا عن اللغة الفرنسية، و يبدأ مخطط طرد المعاهد و البعثات الفرنسية من المملكة ""

MACRON a les défauts de sa jeunesse dont la Naïveté et l' Ignorance totale des processus historiques longs qui construisent TOUS les peuples....Une dose de rappel s’impose donc à ce MACRON élu avec 26% du corps électoral français et à ses médias mercenaires...L'Historien et Spécialiste en Sciences Politiques Belge, Sébastien BOUSSOIS, a sorti en 2017 un ouvrage intitulé "" Sahara occidental : de la responsabilité de la France coloniale dans la naissance du problème ""...Ce travail de recherche a fait l'objet d'un article dans le Journal en ligne "" Jeune Afrique ""...Ceci prouve que l’État Français, comme l’État Espagnol d'ailleurs, savent tous les 2 très bien et depuis longtemps que le Sahara Atlantique de même que l'actuel Sahara Oriental Dz ont toujours été Marocains.

Bref, la France a besoin d'un homme providentiel.

Non d'une femme, comme Marine Lepen

Teboune n'est-il pas le préfet de Macron à Alger ?!

Hamza non juste le sous gardien des vestiaires

L'Elysée devrait comprendre que le sahara ne consgitue plus une carte de pression sur Rabat, plusieurs pays (USA, Espagne, Allemagne, etc.) l'ont compris et sont devenus convaincus de la nécessité de solutionner ce problème latent dans le cadre de l'autonomie avancée. Le sahara est devenu pour la France une source de conflits et de tensions avec le Maroc et l'Algerie, cela rend impossible de maintenir un équilibre qui préserve les intérêts de la France avec les deux antagonistes. La France doit ouvrir ses yeux profiter de la crise bourraoui et s'aligner sur les autres pays occidentaux pour solutionner au plus tot ce conflit artificiel, parès elle aura tout le loisir de se reconcilier avec l'algerie sans froisser ses interets avec le Maroc.

C'est sur...!Quand il s'avère nécessaire de donner un coup...de main,il faut le donner...Sinon,on, risque d' en recevoir beaucoup...!La boxe est un sport noble car on a plus de plaisir à donner qu'à recevoir...!

Il ne faut pas se mentir. Ce qu on appelle peuple ou état algérien n a jamais était autre qu une France duale cachée derrière les buissons. Preuve en est la déclaration de dogol : " J ai laissé en algerire des français plus français que les français" Celà resume toute la combine.

LA SUPPOSITION:ـJe ne suis pas plus franc que Macron,mais j'ai toujours cette lucide et claire impression,que le concept "état" n'est jamais évoqué dans mon entendement en entendant ou en prononçant" Algéria"...!C'est tout juste une vague supposition...!Les états ont des critères,elle n'en a aucun...!La MAFIA a ses critères et elle en a beaucoup..!Si seulement elle peut les parfaire avec l'expérience Scicilienne...Plus franche,plus propre et plus professionnelle ...!On peut y entrer mais jamais en sortir...!Par peur d'etre broyé par cette machine infernale,on s'enfuit par tous les moyens,meme les plus téméraires...!Ceux qui n'arrivent pas ne doivent ,ni voir ni entendre, ni dire...! Et ils doivent croire à tous les mensonges..C'est ça la triste nouvelle heinnn, heinn REALITE...!

Le narratif anti-français a été utilisé surtout durant les premières décennies de l'indépendance.Il était efficace car s'adressant à une population qui a connu la colonisation.Il n'est plus très opérant aujourd'hui auprès d'une population dont plus de 90% n'ont pas vécu sous l'occupation.Aussi,même si les relations franco-algériennes étaient excellentes,la junte continuera à opprimer un peuple qui n'a jamais gouté à la liberté depuis le début du 16è siècle.La "rente mémorielle" n'étant plus rentable,on lui a substitué l'épouvantail de "l'ennemi classique",qui, plus est,est devenu l'allié de "l'entité sioniste"! Mais,là aussi,le résultat est en-deça de ce qui a été espéré! Quant à M. Macron,effectivement il fait remuer beaucoup de vent autour de lui,et ce faisant,il multiplie les gaffes.

Le pseudo président algérien mal-nommé vie des slogans creux, des promesses et des accolades, y a rien de concret, le néant

Suite, ceux qui justifient sa position à cause du gaz ou autre, Moi, je pense qu'il aurait pu faire comme notre pays et anticiper les évènements en s’approvisionnnant auprès d’autres sources. Voyez comme, ces dz ont voulu faire tomber le Maroc et par la suite l’Espagne en coupant le pipeline qui passait par le Maroc ! Mais apparemment, la situation semble plus complexe.

Quelle naïveté pour un président d’une nation qui a une très belle histoire jalonnée de grands hommes de grands penseurs ! .Bien sûr, cette histoire présente des périodes sombres comme les périodes pleines de contradictions notamment quand, les différents dirigeants ont voulu se partager le monde avec d’autres pays au détriment des peuplades auxquelles, ils ont imposé leurs lois et dont ils ont profité à outrance de toutes leurs richesses etc. Mais là n’est pas le problème. Ce macron doit vraiment être à côté de la plaque en croyant avoir à faire à des gens normaux quand il a décidé de faire alliance avec ce régime pervers. Il n’est pas au bout de sa peine et il aurait dû scruter et tirer des leçons de ce que le Maroc subit chaque jour de ces voisins.

Parce que il y a encore des gens pour croire que Macron est capable de réfléchir et penser par lui-même ? Il est téléguidé ! Et bientôt cela fera un gros bug .

0/800