Le débat reste vif autour des modalités d’octroi des subventions destinées aux associations œuvrant dans le domaine social. Le ministère de la Solidarité a considérablement renforcé ses procédures de contrôle et d’audit préalable avant de procéder au déblocage des tranches financières restantes. Ces mesures s’inscrivent dans une démarche globale visant à consolider la bonne gouvernance et la transparence dans la gestion des fonds publics, indique Assabah de ce mercredi 1er juillet. Désormais, le versement des tranches successives est conditionné par la présentation de rapports détaillés sur l’état d’avancement des projets, l’obligation de fournir l’ensemble des pièces justificatives comptables et la soumission des comptes à des audits de terrain menés par des commissions mixtes comprenant des représentants du ministère de tutelle, des Finances et de l’Entraide Nationale. L’objectif affiché par les autorités est de garantir une gestion rigoureuse des deniers de l’État et d’éviter tout double financement.
Face à ce durcissement, le mécontentement grandit parmi les ONG. De nombreuses associations pointent du doigt la lenteur et la complexité des nouvelles procédures, et déplorent des retards de paiement qu’elles jugent injustifiés et qui impactent négativement le fonctionnement des établissements de protection sociale. Dans des déclarations accordées à Assabah, plusieurs acteurs d’ONG avertissent du fait que plusieurs structures, dont des centres pour personnes en situation de handicap ou des maisons d’étudiants, font face à des difficultés financières majeures. Incapables de couvrir leurs dépenses courantes, en particulier la masse salariale, elles voient la continuité de leurs services auprès des populations vulnérables directement menacée.
Plus incisives encore, certaines organisations dénoncent une forme de sélectivité dans le traitement des dossiers, affirmant que le déblocage des fonds ne répond pas toujours à des critères unifiés et reste parfois soumis à des calculs politiques ou partisans locaux. Les disparités constatées dans les délais d’examen des dossiers alimentent ainsi les doutes quant au respect du principe de l’égalité des chances. Devant cette situation, plusieurs organisations civiles appellent à l’adoption de critères d’évaluation clairs et unifiés pour l’examen des dossiers, ainsi qu’à une accélération des procédures d’audit. Afin de restaurer la confiance, elles préconisent également la publication périodique des résultats de ces contrôles et de la liste des bénéficiaires pour garantir l’équité entre tous les acteurs. Quant au ministère de la Solidarité maintient sa position et réaffirme que toutes les décisions d’octroi ou de suspension des subventions reposent exclusivement sur des critères légaux et financiers strictement formalisés dans les conventions de partenariat. Réfutant catégoriquement toute interférence politique ou partisane, le ministère rappelle que son objectif premier demeure «la rationalisation de l’utilisation des deniers publics et la pérennisation des projets sociaux, dans le respect absolu des règles de transparence et de bonne gouvernance».




