Cour des comptes: la Chambre des conseillers appelle à renforcer la gouvernance des chantiers publics

Abdelkader El Kihel, conseiller du Groupe Istiqlalien à la Chambre des conseillers et Moulay Abderrahmane Drissi, conseiller parlementaire du groupe Haraki (Mouvement populaire). (Y.Mannan/Le360)

Le 13/05/2026 à 19h49

VidéoAprès les députés, les conseillers parlementaires ont examiné, ce mercredi, le rapport 2024-2025 de la Cour des comptes. Majorité et opposition ont insisté sur la nécessité d’une gouvernance plus efficace des politiques publiques, entre reconnaissance des avancées sectorielles et mise en garde contre les retards, les dysfonctionnements et le manque de convergence entre ministères.

À l’instar des députés, les conseillers parlementaires de la seconde Chambre ont examiné en profondeur, ce mercredi, le rapport 2024-2025 de la Cour des comptes, en appelant l’Exécutif à veiller davantage à l’efficacité de la gouvernance des chantiers publics et des budgets sectoriels.

Ce second cycle de débat parlementaire est prévu par la Constitution chaque fois que la première présidente de la Cour des comptes présente publiquement au Parlement son rapport annuel sur un exercice déterminé. Il s’inscrit dans le cadre du principe de reddition des comptes, qui confère au Parlement un droit de regard sur la gestion des finances publiques et l’évaluation des politiques publiques.

Dans les rangs de l’opposition, plusieurs conseillers parlementaires se sont arrêtés sur des dysfonctionnements relevés dans la mise en œuvre de divers chantiers. Des élus issus de la majorité ont, de leur côté, soutenu l’action du gouvernement, estimant que des avancées ont été réalisées dans les secteurs de l’éducation, de la santé et du social.

Moulay Abderrahmane Drissi, représentant du groupe Haraki, a estimé que les propositions du rapport «sont cruciales car elles font office de miroir pour nous tous, majorité comme opposition, et plus particulièrement pour le gouvernement et certains départements ministériels qui ont fait l’objet de remarques importantes concernant des dysfonctionnements et des problèmes de gestion». Selon lui, les modalités de mise en œuvre de certains chantiers «souffrent de réels problèmes et de retards conséquents, ce qui crée des blocages». Il a également pointé la question de la coordination entre départements: «Deuxièmement, la convergence entre les différents secteurs et ministères pose également problème», a-t-il ajouté.

Abdelkader El Kihel, conseiller du groupe istiqlalien, relevant de la majorité, a pour sa part livré une lecture plus équilibrée du rapport. Il a rappelé que «la composition de la Chambre des conseillers est liée aux aspects économiques, sociaux et territoriaux. Par conséquent, le débat a porté sur un ensemble de dossiers liés à l’action territoriale, sociale et économique».

Le parlementaire a également souligné l’importance de ce document dans l’orientation de l’action publique. «Nous considérons que ce rapport constitue une référence pour définir les grandes orientations et s’arrêter sur les dysfonctionnements de gestion afin d’y remédier», a-t-il conclu.

Entre critique des retards, appel à une meilleure convergence des politiques publiques et défense du bilan gouvernemental, le débat à la Chambre des conseillers a confirmé le rôle central du rapport de la Cour des comptes: rappeler que les chantiers publics ne se jugent pas seulement à l’ambition des annonces, mais à la rigueur de leur mise en œuvre.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 13/05/2026 à 19h49