Le conseil communal d’Assilah vient de renouer avec une période de vive tension politique, après l’échec, pour la deuxième fois consécutive lundi dernier, de la tenue de la session ordinaire du mois de mai, faute de quorum. Selon des sources proches du dossier, cette paralysie constitue un indicateur clair de la montée des dissensions au sein de l’assemblée délibérante et de l’aggravation de la crise affectant la majorité communale.
«Les mêmes sources précisent que la séance qui devait aborder les travaux de la session n’a réuni qu’une présence limitée à douze membres, tandis que dix-huit élus ont choisi de boycotter la réunion, dans une démarche interprétée comme un signal politique adressé à la présidence du conseil communal», rapporte Al Akhbar de ce jeudi 14 mai. La récurrence de ce scénario d’absences chroniques commence à menacer le fonctionnement normal de la commune et pèse directement sur la gestion des affaires publiques, ainsi que sur les intérêts des citoyens, au premier rang desquels figurent les questions de développement.
Des élus proches de la majorité indiquent que ce blocage trouve son origine dans les réticences du président à accorder des délégations de signature à ses vice-présidents, de peur de s’égarer dans des dédales juridiques en raison de certaines décisions que ses adjoints pourraient prendre, notamment dans les dossiers d’urbanisme. Le président du conseil, Tarik Ghailane, a préféré conserver l’intégralité de ses prérogatives afin d’éviter, selon ses termes, «une implication, intentionnelle ou non», dans un contexte marqué par l’absence de cohésion et de confiance au sein du bureau dirigeant.
Des observateurs soulignent que le président de la commune redoute d’être impliqué dans des affaires douteuses, à l’instar de son prédécesseur, le regretté Mohamed Benaïssa, qui avait découvert de retentissants scandales immobiliers quelques mois avant son décès. Ce dernier avait immédiatement retiré la délégation de signature accordée à ses vice-présidents, tout en informant le ministère de l’Intérieur et la wilaya de la région. Il avait également déposé une plainte par laquelle il se déchargeait de toute responsabilité concernant les dossiers relatifs à la délivrance d’autorisations unilatérales, sans recours aux autres intervenants du secteur de l’urbanisme, tels que l’agence urbaine ou d’autres instances.
«Il s’est par ailleurs avéré que la majorité de ces autorisations étaient établies sur support papier et n’avaient pas été enregistrées sur la plateforme électronique dédiée», écrit Al Akhbar. Un vide qui a permis des manipulations ayant, par le passé, secoué la préfecture de Tanger-Assilah et conduit à la révocation de plusieurs présidents de communes. Rappelons que l’ancien président de la commune d’Assilah, Mohamed Benaïssa, avait déjà annulé la délégation consentie à son vice-président, et que cette décision avait été publiée au Bulletin officiel des collectivités territoriales.




